{"id":1590,"date":"2025-12-13T15:50:30","date_gmt":"2025-12-13T14:50:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/?p=1590"},"modified":"2025-12-13T15:50:30","modified_gmt":"2025-12-13T14:50:30","slug":"effacement-et-depassement-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/effacement-et-depassement-1\/","title":{"rendered":"EFFACEMENT ET D\u00c9PASSEMENT (1)"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><b>EFFACEMENT ET D\u00c9PASSEMENT (1)<\/b><\/h2>\n<p align=\"justify\">L\u2019AO est tendue vers la r\u00e9alisation de l&rsquo;<span style=\"color: #ff00ff;\">\u00catre<\/span>. \u00ab Je suis \u00bb est son programme. Mais c\u2019est l\u00e0 bien plus que \u00ab J\u2019existe \u00bb. Une pierre existe, une plante existe, un animal existe mais jamais ni la pierre, ni la plante ni m\u00eame l\u2019animal n\u2019atteindront \u00e0 l\u2019\u00catre, celui-ci \u00e9tant identifiable \u00e0 un niveau de conscience. Seul l\u2019humain peut acc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00catre parce que seul, dans l\u2019existant, il atteint un niveau de conscience tel qu\u2019il est apte \u00e0 (se) dire \u00ab Je suis \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 \u00eatre conscient d\u2019\u00eatre conscient \u2013 ce que Teilhard de Chardin appelle \u00ab conscience r\u00e9flexive \u00bb. Et encore est-ce l\u00e0 bien loin d\u2019\u00eatre suffisant pour toucher \u00e0 l\u2019\u00catre : c\u2019est tout juste une condition. L\u2019\u00catre en effet doit se concevoir pour l\u2019individu comme un accomplissement de soi-m\u00eame qui ne peut \u00eatre atteint qu\u2019au terme, s\u2019il en a un, de ce cheminement que l\u2019AO appelle \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#N\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Processus<\/span><\/a> \u00bb . Dans l\u2019id\u00e9al, il s\u2019agit de parvenir \u00e0 une parfaite transparence de soi-m\u00eame \u00e0 soi-m\u00eame et \u00e0 la <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#K\">Loi<\/a>, \u00e0 toute la Loi, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la capacit\u00e9 devenue totalement sereine de d\u00e9passer le <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#D\"><span style=\"color: #ff00ff;\">D\u00e9sir<\/span><\/a> \u2013 ce que l\u2019AO appelle \u00ab <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#A\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Asc\u00e8se<\/span><\/a> \u00bb \u2013 et d\u2019accepter voire d\u2019aimer le n\u00e9cessaire qui est aussi l\u2019in\u00e9luctable, \u00e0 savoir aussi bien la solitude ontologique que la mort : \u00ab Je ne peux compter que sur moi \u00bb et \u00ab \u00c9tant vivant, je mourrai un jour \u00bb. En la mati\u00e8re, pas de course ni de concours, y compris avec soi-m\u00eame : seulement la Volont\u00e9, reconduite \u00e0 chaque seconde, d\u2019aller toujours un pas plus loin, toujours un peu plus haut.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0<span style=\"color: #ff6600;\">Je suis<\/span>\u00a0\u00bb donc. Mais pour \u00eatre capable de se le dire en donnant \u00e0 la formule toute la profondeur et l\u2019\u00e9paisseur ontologique qui seules peuvent conf\u00e9rer \u00e0 la formule tout son sens, encore faut-il savoir <i><b>o\u00f9 l\u2019on <\/b><\/i><i><b>est<\/b><\/i>, et m\u00eame <i><b>o\u00f9 <\/b><\/i><i><b>l\u2019<\/b><\/i><i><b>on en est<\/b><\/i>, autrement dit \u00eatre totalement conscient de tout le chemin parcouru, de toutes les \u00e9tapes travers\u00e9es, de toutes les \u00e9preuves surmont\u00e9es. Cette vision, plus que globale, totale, implique pour ne pas dire impose de garder conscience, pour commencer, de son lieu d\u2019origine \u2013 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#G\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Horizontale<\/span><\/a>, la base sur laquelle on a pris appui pour faire son premier pas, le terreau dans lequel on a puis\u00e9 la s\u00e8ve qui a sans cesse aliment\u00e9 cet \u00e9lan dont l\u2019<a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#D\"><span style=\"color: #ff00ff;\">\u00catre<\/span><\/a> est tout entier constitu\u00e9. Ce terreau est identifiable \u00e0 la fois \u00e0 une g\u00e9ographie et \u00e0 une histoire : il est un \u00ab quelque part \u00bb qui est en m\u00eame temps un \u00ab \u00e0 cette \u00e9poque \u00bb. Bref, ce terreau d\u2019origine est une culture ou une civilisation parmi toutes les autres, chacune de ces cultures ou de ces civilisations \u00e9tant rigoureusement irr\u00e9ductible \u00e0 toute autre \u2013 une <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#D\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Diff\u00e9rence<\/span><\/a>, collective en l\u2019occurrence. Si l\u2019individu sort d\u2019un terreau et s\u2019il prend appui sur une terre qu\u2019il partage avec tous ceux de sa communaut\u00e9, aussi \u00e9troite ou \u00e9tendue que soit celle-ci (foyer, cit\u00e9, province, nation, continent, plan\u00e8te), l\u2019\u00e9lan, qui est l\u2019addition toujours en cours des instants dynamiques de la <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#U\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Volont\u00e9<\/span><\/a>, est l\u2019affirmation d\u2019une personnalit\u00e9 particuli\u00e8re, rigoureusement irr\u00e9ductible \u00e0 toute autre \u2013 une Diff\u00e9rence, individuelle celle fois. Libre \u00e0 chacun d\u2019aller o\u00f9 l\u2019appelle son aspiration ontologique ou son exigence d\u2019\u00catre, mais on ne voit pas que personne puisse venir de nulle part, qu\u2019il soit possible, pour quiconque, de surgir au monde <i>ex nihilo<\/i>, sans ascendance ni appartenance\u00a0: tout individu se reconna\u00eet \u00e0 \u2013\u00a0et surtout se reconna\u00eet dans\u00a0\u2013 ne serait-ce qu\u2019une langue. Est-il possible de penser \u00ab\u00a0<span style=\"color: #ff6600;\">Je suis<\/span>\u00a0\u00bb en dehors de la langue m\u00eame qui sert \u00e0 le dire\u00a0? Est-il possible m\u00eame de se penser (\u00ab\u00a0<span style=\"color: #ff6600;\">Je pense, donc je suis<\/span>\u00a0\u00bb) et de penser le monde (\u00ab\u00a0<span style=\"color: #ff6600;\">Je suis, donc le monde est<\/span>\u00a0\u00bb) ind\u00e9pendamment de la langue au sein et par le g\u00e9nie de laquelle on est parvenu au niveau de conscience permettant de (se) le formuler\u00a0? Or la langue est un ph\u00e9nom\u00e8ne historique, ins\u00e9parable d\u2019une g\u00e9ographie. D\u00e8s lors, pour tout individu humain \u2013\u00a0pour tout individu de pens\u00e9e\u00a0\u2013 cette langue est essentielle car consubstantielle \u00e0 son \u00catre\u00a0: <strong>maternelle<\/strong> elle est une <strong>culture<\/strong>, <strong>paternelle<\/strong> elle est une <strong>patrie<\/strong>. Pierre a beau protester \u00e0 trois reprises ne pas conna\u00eetre J\u00e9sus\u00a0: son accent trahit en lui le galil\u00e9en, et rien ne pourra jamais faire qu\u2019il ne soit plus ou n\u2019ait jamais \u00e9t\u00e9 galil\u00e9en, m\u00eame le temps d\u2019un instant de panique. Autrement dit, on ne voit pas que quiconque, aussi urgemment qu\u2019il le d\u00e9sire ou aussi haut m\u00eame qu\u2019il le proclame, pas plus qu\u2019il ne peut s\u2019y arracher, puisse proc\u00e9der \u00e0 l\u2019effacement de sa propre Horizontale. Pour le dire avec Simone Weil (SW), tout humain de m\u00eame que tout peuple n\u2019existe au monde que par un \u00ab\u00a0<span style=\"color: #ff0000;\">enracinement\u00a0<\/span>\u00bb.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"justify\"><strong>ENRACINEMENT<\/strong><\/h2>\n<p align=\"justify\">Pour d\u00e9velopper la th\u00e8se qui commande l\u2019ensemble de cet article et que sous-tend l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0enracinement, je vais m\u2019appuyer sur le livre d\u2019Amaury Giraud (AG)<b>.<\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><i>A priori<\/i>, rapport\u00e9e \u00e0 une cr\u00e9ature aussi mobile ou \u00e0 un nomade aussi infatigable que l\u2019humain (les grandes invasions, les grandes d\u00e9couvertes, la conqu\u00eate spatiale), l\u2019id\u00e9e d\u2019enracinement peut para\u00eetre paradoxale, contre-intuitive voire antinomique jusqu\u2019\u00e0 l\u2019aberration. Et pourtant\u2026 L\u2019AO, puisqu\u2019elle ne sait que la <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#K\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Loi<\/span><\/a>, puisqu\u2019elle base tout sur l\u2019Horizontale, puisqu\u2019ainsi elle int\u00e8gre dans son principe premier l\u2019enracinement, comment doit-elle concevoir celui-ci dans son cadre, sous quelles formes peut-elle le voir se manifester et se concr\u00e9tiser\u00a0? Pour cette entit\u00e9 engag\u00e9e dans l\u2019aventure ontologique qu\u2019est l\u2019individu humain, il ne semble pas qu\u2019il puisse y avoir rien d\u2019autre pour l\u2019enraciner, donc pour lui donner consistance aussi bien charnelle que spirituelle, que ce qui vient avant lui, ce qui le pr\u00e9c\u00e8de et peut-\u00eatre l\u2019anticipe, le pousse ou le propulse, ce qui le porte aussi bien qu\u2019il le porte, par le canal justement de sa langue, aussi inconscient qu\u2019il puisse en \u00eatre\u00a0: l\u2019histoire. Pour SW, \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">ap\u00f4tre de l\u2019h\u00e9ritage culturel, parmi tous les besoins de l\u2019\u00e2me humaine, il n\u2019y en a pas de plus vital que le pass\u00e9<\/span>\u00a0\u00bb (AG). Mais o\u00f9, comment se saisir de ce pass\u00e9\u00a0? Toujours selon SW, c\u2019est la collectivit\u00e9 seule qui \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">constitue l\u2019unique organe de conservation pour les tr\u00e9sors spirituels amass\u00e9s par les morts, l\u2019unique organe de transmission par l\u2019interm\u00e9diaire duquel les morts puissent parler aux vivants<\/span>\u00a0\u00bb (AG). C\u2019est l\u00e0 ce qui peut \u00eatre lu comme une d\u00e9finition de la tradition. Celle-ci, selon Gilbert Keith Chesterton et en pr\u00e9-\u00e9cho \u00e0 SW, est \u00ab <span style=\"color: #0000ff;\">la d\u00e9mocratie des morts<\/span>\u00a0\u00bb. Il faut le concevoir clairement\u00a0: <strong><i>l<\/i><i>\u2019individu s\u2019enracine dans ses morts<\/i><\/strong>, non seulement celle de ses g\u00e9niteurs, celle des membres de sa famille ou de sa lign\u00e9e, mais \u00e9galement celle de tous les individus qui, depuis les origines et au cours des si\u00e8cles, que ce soit sur le mode obscur ou sur le mode glorieux, ont \u00e9difi\u00e9 sa culture, c\u2019est-\u00e0-dire enrichi et affin\u00e9 sa langue, constitu\u00e9 son patrimoine religieux, politique, litt\u00e9raire, philosophique, artistique et civilisationnel. Le pass\u00e9 n\u2019est constitu\u00e9 dans sa substance que par <strong><i>nos<\/i><\/strong> morts, c\u2019est-\u00e0-dire par l\u2019accumulation de conscience dont ils sont les agents. C\u2019est pourquoi, du pass\u00e9, il est impossible de se d\u00e9prendre puisque lui seul assure la possibilit\u00e9 et fournit l\u2019explication du pr\u00e9sent \u2013 le pr\u00e9sent du monde, le pr\u00e9sent de l\u2019homme et le pr\u00e9sent de tout individu.<\/p>\n<p align=\"justify\">C\u2019est de l\u2019enracinement sous forme de cette fid\u00e9lit\u00e9 m\u00e9morielle, laquelle est en m\u00eame temps une n\u00e9cessit\u00e9 ontologique (\u00ab <span style=\"color: #ff6600;\">Je suis<\/span> \u00bb) et existentielle (\u00ab <span style=\"color: #ff6600;\">Je veux continuer \u00e0 \u00eatre<\/span> \u00bb), que rend compte R\u00e9gis Debray (RD) quand, ins\u00e9rant l\u2019individu dans son groupe d\u2019origine et d\u00e9finissant ainsi \u00e0 sa mani\u00e8re l\u2019enracinement, il dit que \u00ab <span style=\"color: #0000ff;\">les peuples sont majoritairement demeur\u00e9s attach\u00e9s \u00e0 un territoire particulier et \u00e0 [la] culture qui lui est propre<\/span> \u00bb, id\u00e9e sur laquelle le rejoint Jean-Pierre Chev\u00e8nement (JPC)\u00a0 : \u00ab <span style=\"color: #0000ff;\">Ce sont les nations et les peuples qui sont la vraie permanence de l\u2019histoire<\/span> \u00bb. Par ailleurs, envisageant le ph\u00e9nom\u00e8ne dans sa dimension politique, RD affirme qu\u2019une d\u00e9mocratie s\u2019inscrit toujours dans une filiation. Si la filiation renvoie bien s\u00fbr \u00e0 l\u2019enracinement, la d\u00e9mocratie quant \u00e0 elle ne peut s\u2019imposer que sous les esp\u00e8ces de cette entit\u00e9 que l\u2019air du temps ne ferait peut-\u00eatre pas attendre ici : la gauche. Surprenante sans doute, pour la gauche actuelle, cette proposition de l\u2019association, dans le principe d\u00e9mocratique, de l\u2019enracinement et de la gauche. Pourtant, rien que de logique dans le cadre de l\u2019AO : la gauche doit se d\u00e9finir par un r\u00e9gime d&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#A\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Autorit\u00e9<\/span><\/a>, en opposition avec la droite attach\u00e9e pour sa part au r\u00e9gime de <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#N\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Pouvoir<\/span><\/a> \u2013 d\u00e9mocratie <i>versus<\/i> autocratie (dans toutes ses variantes). Bien clairement, alors que la droite op\u00e8re son enracinement dans le <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#R\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Syst\u00e8me<\/span><\/a>, la gauche d\u00e9mocratique ne le con\u00e7oit que dans la <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#R\"><span style=\"color: #ff00ff;\">R\u00e9publique<\/span><\/a>. D\u00e8s lors, si la langue est une patrie, l\u2019attachement \u00e0 un territoire et \u00e0 la culture qui lui est propre porte un nom bien pr\u00e9cis\u00a0: le <span style=\"color: #ff0000;\"><strong>patriotisme<\/strong><\/span>. Or il se trouve que cette notion de patriotisme ne manque jamais aujourd\u2019hui de soulever force soup\u00e7ons dans le sein de la gauche actuelle, si bien que c\u2019est l\u00e0 un de ses traits qui suffirait \u00e0 interroger sur sa nature exacte. Mais pour lui r\u00e9pondre sur ce point, il n\u2019est que de convoquer de nouveau RD : il fait remarquer que le patriotisme a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 une conception issue de la gauche, et m\u00eame que les communards par exemple, figures embl\u00e9matiques et m\u00eame iconiques de gauche, \u00e9taient fondamentalement patriotes. Dans l\u2019esprit de RD, \u00eatre r\u00e9publicain, qui plus est r\u00e9publicain de gauche, c\u2019est \u00eatre n\u00e9cessairement patriote. En l\u2019esp\u00e8ce, RD appara\u00eet comme un digne h\u00e9ritier de Jean Jaur\u00e8s (JJ) dont le patriotisme, selon AG, s\u2019\u00e9carte du chauvinisme nationaliste, puisqu\u2019en effet le patriotisme est au chauvinisme nationaliste ce que le <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#N\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Politique<\/span><\/a> est au <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#R\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Religieux<\/span><\/a>. Il ne s\u2019agit pas de faire de la Nation une idole devant laquelle tout le monde doit s\u2019agenouiller, c\u2019est-\u00e0-dire un objet du D\u00e9sir ou une <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#R\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Transcendance<\/span><\/a> fausse, mais de l\u2019\u00e9riger et de la maintenir en tant que Transcendance vraie qui dresse toutes les Volont\u00e9s et vers laquelle toutes se tendent et se mettent en marche. Cette Transcendance vraie se trouve parfaitement d\u00e9finie par JJ quand il soutient que \u00ab <span style=\"color: #0000ff;\">la patrie r\u00e9unit les individus [\u2026] autour d\u2019un principe collectif plus grand qu\u2019eux-m\u00eames fait de sentimentalit\u00e9 [nostalgique] et d\u2019appartenance \u00e0 un cadre civilisationnel commun<\/span> \u00bb (AG). Pour l\u2019AO, le patriotisme s\u2019impose comme un id\u00e9al, le nationalisme comme une religion : ici le contrat social et les lois en faveur de la libert\u00e9, l\u00e0 le <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#K\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Mythe<\/span><\/a> et les <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#G\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Injonctions<\/span><\/a>\u00a0pour b\u00e9tonner la soumission. Et JJ de cerner le pire danger que constitue le rejet du patriotisme quand il dit que \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">partout o\u00f9 il y a des patries, c\u2019est-\u00e0-dire des groupes historiques ayant conscience de leur continuit\u00e9 et de leur unit\u00e9, toute atteinte \u00e0 la libert\u00e9 et \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de ces patries est un attentat contre la civilisation, une rechute dans la barbarie<\/span>.\u00a0\u00bb D\u00e8s lors, il s\u2019impose qu\u2019enracinement et gauche, sous les esp\u00e8ces du patriotisme, non seulement ne sont pas antinomiques mais se recouvrent au point m\u00eame de tendre vers la synonymie.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c0 partir de l\u00e0, il n\u2019est pas interdit de remonter jusqu\u2019\u00e0 une autre grande figure de gauche, P\u00e9guy, dont \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">le socialisme se nourrissait de christianisme, de patriotisme et de r\u00e9publicanisme<\/span>\u00a0\u00bb (AG). Laissant de c\u00f4t\u00e9 pour l\u2019instant le christianisme, il appara\u00eet possible sinon n\u00e9cessaire de rapprocher et m\u00eame d\u2019associer \u00e9troitement, sous une gauche qui les subsume, patriotisme et socialisme. Le socialisme, le vrai, (et non celui que George Orwell (GO) d\u00e9non\u00e7ait comme \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">mondain et bourgeois<\/span> \u00bb), de m\u00eame que le patriotisme, le vrai (et non pas celui que condamnait SW quand il prenait un caract\u00e8re \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"> exalt\u00e9 et belliqueux<\/span> \u00bb c\u2019est-\u00e0-dire quand il s\u2019arrachait au Politique pour se d\u00e9voyer dans le Religieux, ce qui donnera le stalinisme\u2026) \u2013\u00a0le socialisme patriotique donc est une doctrine tourn\u00e9e avant tout <strong><i>vers le p<\/i><i>euple<\/i><\/strong>, vers ceux que Paul Ari\u00e8s (PA) appelle \u00ab <span style=\"color: #0000ff;\">les gens de peu<\/span> \u00bb, gens qui pour beaucoup sont m\u00eame des gens de rien parce qu\u2019ils manquent de tout, c\u2019est-\u00e0-dire du n\u00e9cessaire, ceux \u00e0 propos de qui JJ disait que le patriotisme est le seul bien de ceux qui n\u2019ont rien, ceux pour qui la patrie n\u2019est pas un <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#A\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Avoir<\/span><\/a>\u00a0mais, justement et en quelque sorte au minimum, leur \u00catre, \u00e0 savoir une part inali\u00e9nable d\u2019eux-m\u00eames, du reste la seule. On ne peut ici que suivre Denis Collin (DC)\u00a0: \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">Quand on n\u2019a rien ou presque rien, il ne reste plus comme propri\u00e9t\u00e9 que le \u201ccaract\u00e8re national\u201d. Je n\u2019ai pas de logement \u00e0 moi, j\u2019ai du mal \u00e0 payer mon loyer, mais au moins en France je suis \u201cchez moi\u201d<\/span>.\u00a0\u00bb Le m\u00eame DC ajoute que \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">les petits bourgeois ais\u00e9s, drogu\u00e9s au \u201cpolitiquement correct\u201d et au cerveau lessiv\u00e9 par la mondialisation des r\u00e9seaux et de la high tech ne manqueront pas de d\u00e9noncer les \u201cbeaufs\u201d, les fascistes, les franchouillards, etc.<\/span>\u00a0\u00bb mais, pour parler comme les \u00e9vangiles, \u00ab\u00a0<em>\u00e0 celui qui a, on prendra m\u00eame ce qu\u2019il a<\/em>\u00a0\u00bb en ajoutant cependant qu\u2019\u00e0 celui-l\u00e0, on ne prendra pas ce qu\u2019il <i>est<\/i>, \u00e0 savoir fran\u00e7ais, allemand, anglais, italien, etc.\u00a0\u00bb). Or PA observe \u00e9galement que \u00ab\u00a0le socialisme est associ\u00e9 \u00e0 un enracinement\u00a0\u00bb. C\u2019est donc bien dans le peuple qu\u2019il faut aller chercher ce que Serge Latouche (SL) appelle \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">une aspiration ind\u00e9racinable<\/span>\u00a0\u00bb, \u00e0 savoir \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">l\u2019aspiration \u00e0 une identit\u00e9<\/span>\u00a0\u00bb. Cette identit\u00e9 appara\u00eet en fait comme l\u2019autre nom de l\u2019enracinement.<\/p>\n<p align=\"justify\">Or il se trouve que l\u2019id\u00e9ologie dominante d\u2019aujourd\u2019hui, et dominante jusqu\u2019\u00e0 l\u2019agressivit\u00e9 si ce n\u2019est jusqu\u2019\u00e0 la menace (m\u00e9diatique d\u2019abord, judiciaire souvent, physique parfois), cette id\u00e9ologie \u00e0 laquelle peut \u00eatre identifi\u00e9e \u00e0 peu pr\u00e8s totalement l\u2019Union europ\u00e9enne, celle des \u00ab\u00a0Droits de l\u2019Homme et du Citoyen\u00a0\u00bb comme de la CEDH \u2013 cette id\u00e9ologie donc, m\u00e9connaissant si ce n\u2019est m\u00e9prisant le peuple, non pas m\u00eame ignore, non pas m\u00eame n\u00e9glige, non pas m\u00eame d\u00e9laisse, mais refuse, mais r\u00e9cuse, mais condamne quand ce n\u2019est pas conspue les racines de l\u2019Europe et partant celles de toutes les Nations europ\u00e9ennes, racines jud\u00e9o-chr\u00e9tiennes et gr\u00e9co-latines, c\u2019est-\u00e0-dire racines qui se nomment J\u00e9rusalem, Ath\u00e8nes et Rome. Cette id\u00e9ologie, anti-peuple, anti-d\u00e9mocratique car pr\u00f4n\u00e9e par des \u201ccommissaires\u201d non \u00e9lus, pr\u00e9tend oblit\u00e9rer cette \u00e9vidence historique que l\u2019Europe, pendant quinze si\u00e8cles, a \u00e9t\u00e9 la Chr\u00e9tient\u00e9, que la Chr\u00e9tient\u00e9 a \u00e9t\u00e9, pendant un mill\u00e9naire et demi, \u00e0 la surface du monde, le nom de cette Diff\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un continent parmi les autres Diff\u00e9rences continentales qui \u00e9taient, en tr\u00e8s gros, l\u2019Islam du Moyen-Orient, l\u2019Hindouisme de l\u2019Orient et le Bouddhisme de l\u2019Extr\u00eame-Orient. Il faut m\u00eame constater que le reniement de la Chr\u00e9tient\u00e9 fait l\u2019objet d\u2019une v\u00e9ritable Injonction, Injonction que prof\u00e8rent les grands pr\u00eatres de l\u2019europ\u00e9isme dogmatique et b\u00e9at, et que reprend en \u00e9cho, avec la droite lib\u00e9rale et le centre \u00e9conomiste, la gauche actuelle sur un ton qui rel\u00e8ve trop souvent d\u2019un v\u00e9ritable terrorisme intellectuel. Tel ou tel se dit \u00ab\u00a0citoyen du monde\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0citoyen europ\u00e9en\u00a0\u00bb, belles formules mais qui ont toutes les chances de n\u2019avoir aucun sens si elles impliquent que les racines historiques, spirituelles, civilisationnelles europ\u00e9ennes sont gomm\u00e9es, occult\u00e9es, reni\u00e9es, bannies, honnies \u2013\u00a0effac\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019AO, bien qu\u2019\u00e9tant un <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#A\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Ath\u00e9isme<\/span><\/a> radical ou justement parce qu\u2019\u00e9tant cet Ath\u00e9isme, ne peut pas \u00eatre sur cette ligne. L\u2019AO en effet, bas\u00e9e sur la Loi, c\u2019est-\u00e0-dire qui constate qu\u2019une plante ne peut ni germer ni pousser sans terre, l\u2019AO ne peut concevoir une <a href=\"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/glossaire\/#U\"><span style=\"color: #ff00ff;\">Verticale<\/span><\/a>\u00a0sans l\u2019Horizontale qui lui offre socle et suc, que cette Verticale soit un individu ou un peuple. L\u2019AO donc, se voulant une vision globale de l\u2019\u00catre, totalisante (mais certainement pas, justement pas, totalitaire) l\u2019AO ne peut que <i>conserver<\/i> tous les \u00e9l\u00e9ments dont, sauf \u00e0 n\u2019\u00eatre qu\u2019une illusion, l\u2019\u00catre se compose, d\u2019abord et pour commencer l\u2019Horizontale, puisque sans elle rien n\u2019est possible ni m\u00eame pensable. D\u00e8s lors, <span style=\"color: #ff0000;\"><i><b>l\u2019AO est un conservatisme<\/b><\/i><\/span>.<\/p>\n<h3 align=\"justify\"><span style=\"color: #ff6600;\">Conservatisme ?<\/span><\/h3>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>EFFACEMENT ET D\u00c9PASSEMENT (1) L\u2019AO est tendue vers la r\u00e9alisation de l&rsquo;\u00catre. \u00ab Je suis \u00bb est son programme. Mais c\u2019est l\u00e0 bien plus que \u00ab J\u2019existe \u00bb. Une pierre existe, une plante existe, un animal existe mais jamais ni la pierre, ni la plante ni m\u00eame l\u2019animal n\u2019atteindront \u00e0 l\u2019\u00catre, celui-ci \u00e9tant identifiable \u00e0 un niveau de conscience. Seul l\u2019humain peut acc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00catre parce que seul, dans l\u2019existant, il atteint un niveau de conscience tel qu\u2019il est apte \u00e0 (se) dire \u00ab Je suis \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 \u00eatre conscient d\u2019\u00eatre conscient \u2013 ce que Teilhard de Chardin appelle \u00ab conscience r\u00e9flexive \u00bb. Et encore est-ce l\u00e0 bien loin d\u2019\u00eatre suffisant pour toucher \u00e0 l\u2019\u00catre : c\u2019est tout juste une condition. L\u2019\u00catre en effet doit se concevoir pour l\u2019individu comme un accomplissement de soi-m\u00eame qui ne peut \u00eatre atteint qu\u2019au terme, s\u2019il en a un, de ce cheminement que l\u2019AO appelle \u00ab\u00a0Processus \u00bb . Dans l\u2019id\u00e9al, il s\u2019agit de parvenir \u00e0 une parfaite transparence de soi-m\u00eame \u00e0 soi-m\u00eame et \u00e0 la Loi, \u00e0 toute la Loi, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la capacit\u00e9 devenue totalement sereine de d\u00e9passer le D\u00e9sir \u2013 ce que l\u2019AO appelle \u00ab Asc\u00e8se \u00bb \u2013 et d\u2019accepter voire d\u2019aimer le n\u00e9cessaire qui est aussi l\u2019in\u00e9luctable, \u00e0 savoir aussi bien la solitude ontologique que la mort : \u00ab Je ne peux compter que sur moi \u00bb et \u00ab \u00c9tant vivant, je mourrai un jour \u00bb. En la mati\u00e8re, pas de course ni de concours, y compris avec soi-m\u00eame : seulement la Volont\u00e9, reconduite \u00e0 chaque seconde, d\u2019aller toujours un pas plus loin, toujours un peu plus haut. \u00ab\u00a0Je suis\u00a0\u00bb donc. Mais pour \u00eatre capable de se le dire en donnant \u00e0 la formule toute la profondeur et l\u2019\u00e9paisseur ontologique qui seules peuvent conf\u00e9rer \u00e0 la formule tout son sens, encore faut-il savoir o\u00f9 l\u2019on est, et m\u00eame o\u00f9 l\u2019on en est, autrement dit \u00eatre totalement conscient de tout le chemin parcouru, de toutes les \u00e9tapes travers\u00e9es, de toutes les \u00e9preuves surmont\u00e9es. Cette vision, plus que globale, totale, implique pour ne pas dire impose de garder conscience, pour commencer, de son lieu d\u2019origine \u2013 l\u2019Horizontale, la base sur laquelle on a pris appui pour faire son premier pas, le terreau dans lequel on a puis\u00e9 la s\u00e8ve qui a sans cesse aliment\u00e9 cet \u00e9lan dont l\u2019\u00catre est tout entier constitu\u00e9. Ce terreau est identifiable \u00e0 la fois \u00e0 une g\u00e9ographie et \u00e0 une histoire : il est un \u00ab quelque part \u00bb qui est en m\u00eame temps un \u00ab \u00e0 cette \u00e9poque \u00bb. Bref, ce terreau d\u2019origine est une culture ou une civilisation parmi toutes les autres, chacune de ces cultures ou de ces civilisations \u00e9tant rigoureusement irr\u00e9ductible \u00e0 toute autre \u2013 une Diff\u00e9rence, collective en l\u2019occurrence. Si l\u2019individu sort d\u2019un terreau et s\u2019il prend appui sur une terre qu\u2019il partage avec tous ceux de sa communaut\u00e9, aussi \u00e9troite ou \u00e9tendue que soit celle-ci (foyer, cit\u00e9, province, nation, continent, plan\u00e8te), l\u2019\u00e9lan, qui est l\u2019addition toujours en cours des instants dynamiques de la Volont\u00e9, est l\u2019affirmation d\u2019une personnalit\u00e9 particuli\u00e8re, rigoureusement irr\u00e9ductible \u00e0 toute autre \u2013 une Diff\u00e9rence, individuelle celle fois. Libre \u00e0 chacun d\u2019aller o\u00f9 l\u2019appelle son aspiration ontologique ou son exigence d\u2019\u00catre, mais on ne voit pas que personne puisse venir de nulle part, qu\u2019il soit possible, pour quiconque, de surgir au monde ex nihilo, sans ascendance ni appartenance\u00a0: tout individu se reconna\u00eet \u00e0 \u2013\u00a0et surtout se reconna\u00eet dans\u00a0\u2013 ne serait-ce qu\u2019une langue. Est-il possible de penser \u00ab\u00a0Je suis\u00a0\u00bb en dehors de la langue m\u00eame qui sert \u00e0 le dire\u00a0? Est-il possible m\u00eame de se penser (\u00ab\u00a0Je pense, donc je suis\u00a0\u00bb) et de penser le monde (\u00ab\u00a0Je suis, donc le monde est\u00a0\u00bb) ind\u00e9pendamment de la langue au sein et par le g\u00e9nie de laquelle on est parvenu au niveau de conscience permettant de (se) le formuler\u00a0? Or la langue est un ph\u00e9nom\u00e8ne historique, ins\u00e9parable d\u2019une g\u00e9ographie. D\u00e8s lors, pour tout individu humain \u2013\u00a0pour tout individu de pens\u00e9e\u00a0\u2013 cette langue est essentielle car consubstantielle \u00e0 son \u00catre\u00a0: maternelle elle est une culture, paternelle elle est une patrie. Pierre a beau protester \u00e0 trois reprises ne pas conna\u00eetre J\u00e9sus\u00a0: son accent trahit en lui le galil\u00e9en, et rien ne pourra jamais faire qu\u2019il ne soit plus ou n\u2019ait jamais \u00e9t\u00e9 galil\u00e9en, m\u00eame le temps d\u2019un instant de panique. Autrement dit, on ne voit pas que quiconque, aussi urgemment qu\u2019il le d\u00e9sire ou aussi haut m\u00eame qu\u2019il le proclame, pas plus qu\u2019il ne peut s\u2019y arracher, puisse proc\u00e9der \u00e0 l\u2019effacement de sa propre Horizontale. Pour le dire avec Simone Weil (SW), tout humain de m\u00eame que tout peuple n\u2019existe au monde que par un \u00ab\u00a0enracinement\u00a0\u00bb. ENRACINEMENT Pour d\u00e9velopper la th\u00e8se qui commande l\u2019ensemble de cet article et que sous-tend l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0enracinement, je vais m\u2019appuyer sur le livre d\u2019Amaury Giraud (AG). A priori, rapport\u00e9e \u00e0 une cr\u00e9ature aussi mobile ou \u00e0 un nomade aussi infatigable que l\u2019humain (les grandes invasions, les grandes d\u00e9couvertes, la conqu\u00eate spatiale), l\u2019id\u00e9e d\u2019enracinement peut para\u00eetre paradoxale, contre-intuitive voire antinomique jusqu\u2019\u00e0 l\u2019aberration. Et pourtant\u2026 L\u2019AO, puisqu\u2019elle ne sait que la Loi, puisqu\u2019elle base tout sur l\u2019Horizontale, puisqu\u2019ainsi elle int\u00e8gre dans son principe premier l\u2019enracinement, comment doit-elle concevoir celui-ci dans son cadre, sous quelles formes peut-elle le voir se manifester et se concr\u00e9tiser\u00a0? Pour cette entit\u00e9 engag\u00e9e dans l\u2019aventure ontologique qu\u2019est l\u2019individu humain, il ne semble pas qu\u2019il puisse y avoir rien d\u2019autre pour l\u2019enraciner, donc pour lui donner consistance aussi bien charnelle que spirituelle, que ce qui vient avant lui, ce qui le pr\u00e9c\u00e8de et peut-\u00eatre l\u2019anticipe, le pousse ou le propulse, ce qui le porte aussi bien qu\u2019il le porte, par le canal justement de sa langue, aussi inconscient qu\u2019il puisse en \u00eatre\u00a0: l\u2019histoire. Pour SW, \u00ab\u00a0ap\u00f4tre de l\u2019h\u00e9ritage culturel, parmi tous les besoins de l\u2019\u00e2me humaine, il n\u2019y en a pas de plus vital que le pass\u00e9\u00a0\u00bb (AG). Mais o\u00f9, comment se saisir de ce pass\u00e9\u00a0? Toujours selon SW, c\u2019est la collectivit\u00e9 seule qui \u00ab\u00a0constitue l\u2019unique organe de conservation pour les tr\u00e9sors spirituels amass\u00e9s par les morts,<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[28,45,46,15,44],"class_list":["post-1590","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-anthropo","tag-gauche","tag-histoire","tag-peuple","tag-politique","tag-religion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1590","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1590"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1590\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1594,"href":"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1590\/revisions\/1594"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1590"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1590"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analyse-ontologique.fr\/aowp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1590"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}