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	<title>Analyse Ontologique</title>
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	<description>Analyse Ontologique par Joël Bienfait</description>
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		<title>L&#8217;EFFET MÉLENCHON</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 16:38:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;EFFET MÉLENCHON &#160; Ce qu’on appelle aujourd’hui la « gauche » est confisquée, phagocytée, dominée, écrasée, et de ce fait altérée, gangrénée, contaminée par un personnage remarquable, considérable à bien des égards et qu’il faut bien appeler par son nom puisqu’aussi bien on ne lui en connaît pas d’autres : Jean-Luc Mélenchon. Pour qui veut bien ne pas considérer le personnage à travers les espoirs qu’a toujours suscités la (vraie) gauche ni au prisme de l’idéologie progressiste dont celle d’aujourd’hui s’affuble et s’attife de tout son zèle bien-pensant, JLM se signale à l’attention par une furieuse tendance – pour ne pas dire par une furie tendancieuse – à tenir un discours qui ne laisse pas de laisser pantois tout un chacun, du quidam quelconque à l’homme de bonne volonté, du premier venu au dernier des Mohicans. Pour se faire une idée précise de l’effet que peut produire l’individu Mélenchon, il suffit de rappeler trois points, points par lesquels il s’est illustré avec un relief agrémenté des teintes les plus vives et des rehauts les plus drus. PREMIER POINT. — Un beau jour ou par une sale journée, le jeune Nahel, 17 ans et à son actif toute une belle panoplie de délinquant juvénile et précoce, trouve la mort au volant de sa voiture sous les balles d’un policier. JLM ne se demande pas comment il pouvait se faire qu’un si jeune homme se trouvait conduire une voiture (et quelle voiture !) ; JLM ne veut pas savoir les circonstances dans lesquelles le drame a eu lieu, en l’occurrence un contrôle de police et un refus d’obtempérer ; JLM n’a cure des conditions effroyables dans lesquelles opèrent maintenant les forces de l’ordre. JLM se contente d’une déclaration, lapidaire et calibrée : « La police tue. » Autrement dit, JLM d’abord décide que ce policier a été animé de l’intention de tuer, c’est-à-dire qu’il en fait un assassin ; ensuite, il assimile tout un corps de métier à un seul de ses représentants ; enfin il décrète que ce corps tout entier est à l’image de ce représentant et donc qu’il est constitué tout entier d’assassins. Et pourquoi ? Parce que la jeune victime appartient à la communauté des « racisés » et que JLM compte sur elle pour voter en sa faveur. DEUXIÈME POINT. — Un beau jour ou par une sale journée, un jeune musulman est égorgé dans la mosquée où il travaillait et où ce jour et à cette heure-là il faisait sa prière. Cette fois, JLM décide de ne pas prononcer un mot. C’est qu’en effet il a trouvé beaucoup mieux. Il se joint au cortège qui défile en mémoire de la victime, et là, que fait-il ? Il pleure. Oui, mesdames et messieurs ! Il pleure, en direct, de face et en gros plan ! Il verse des larmes que captent en haute définition toutes les caméras nationales, journalistiques et privées. Pourtant, mesdames et messieurs, que l’on sache, l’année précédente, c’est un prêtre, un prêtre catholique qui a été, de la même façon, égorgé, et dans son église même (avec du reste deux autres victimes, deux femmes, assassinées de la même façon). A-t-on vu alors JLM pleurer en direct, de face et en gros plan ? Avez-vous vu, mesdames et messieurs, JLM verser des larmes qu’auraient pu capter en haute définition toutes les caméras nationales, journalistiques et privées ? Que nenni ! Et pourquoi ? Parce que « SA » victime était un noir musulman et l’autre un blanc catholique, à savoir que l’une était une « bonne » victime et l’autre une victime sans intérêt. Et pourquoi bonne la première ? Parce que « racisée » alors que l’autre appartient à la communauté « raciste, racisante et racialiste » – et parce que JLM, indifférent au fait que le sang d’une victime est aussi rouge que celui de l’autre, ne compte plus que sur les communautés « racisées » pour voter en sa faveur. TROISIÈME POINT. — Cette fois, JLM reprend la parole. Après avoir lancé, quelque temps auparavant, aux communautés africaines : « Venez, non mais venez, en masse : on vous laisse les clés de la maison » (parce qu’il ne coûte rien à JLM de donner une France qui ne lui appartient pas puisque, juusqu’à nouvel ordre et plus ample informé, elle appartient au peuple français) – eh bien après ce don généreux et gratuit, JLM déclare, cette fois à l’adresse de la communauté dite des Français de souche, communauté que la très médiatique et radicale Houria Bouteldja appelle « les souchiens » (les amateurs de calembours du genre “R-haine” apprécieront celui-ci) JLM donc lance : « Voilà le Grand Remplacement ! Une génération remplace l’autre. Votre génération va devoir laisser la place à la nouvelle. C’est comme ça depuis la nuit des temps. Vous pouvez protester : vous avec déjà perdu. » D’aucuns ont fait remarquer que l’expression « Grand Remplacement », alors qu’elle a valu à son concepteur, Renaud Camus, d’être interdit de médias, et à tous ceux qui l’ont reprise, comme Éric Zemmour, une désapprobation valant condamnation, celle-ci étant parfois prononcée par la justice, cette expression donc, dans la bouche de JLM, devient non seulement légitime mais y acquiert un statut de parole d’évangile pratiquement sacrée, revirement qui permet de crier au « deux poids deux mesures » ! C’est pourtant sous un autre angle qu’il faut peut-être considérer le propos. En effet, Renaud Camus vise le phénomène historique de remplacement d’une population par une autre alors que JLM vise le phénomène naturel de la génération des grands-parents remplacée par celle des parents, laquelle est à son tour remplacée par celle des enfants, et ainsi de suite. Mais c’est justement là qu’on peut voir éclater la malhonnêteté de JLM. En effet, il utilise le remplacement naturel comme un Mythe, à savoir qu’il en fait un écran derrière lequel il dérobe et dissimule le remplacement démographique, ou le fait que la génération qu’il a Désir de voir remplacer l’ancienne ne sera pas engendrée par celle-ci, ou que le remplacement ne sera pas le passage d’une génération à la suivante à l’intérieur du même peuple mais celui d’un peuple par un autre. Et pourquoi cette Mythification ? Parce que JLM déclare désirer]]></description>
		
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		<title>EFFACEMENT ET DÉPASSEMENT (1)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 14:50:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[gauche]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[EFFACEMENT ET DÉPASSEMENT (1) L’AO est tendue vers la réalisation de l&#8217;Être. « Je suis » est son programme. Mais c’est là bien plus que « J’existe ». Une pierre existe, une plante existe, un animal existe mais jamais ni la pierre, ni la plante ni même l’animal n’atteindront à l’Être, celui-ci étant identifiable à un niveau de conscience. Seul l’humain peut accéder à l’Être parce que seul, dans l’existant, il atteint un niveau de conscience tel qu’il est apte à (se) dire « Je suis », c’est-à-dire à être conscient d’être conscient – ce que Teilhard de Chardin appelle « conscience réflexive ». Et encore est-ce là bien loin d’être suffisant pour toucher à l’Être : c’est tout juste une condition. L’Être en effet doit se concevoir pour l’individu comme un accomplissement de soi-même qui ne peut être atteint qu’au terme, s’il en a un, de ce cheminement que l’AO appelle « Processus » . Dans l’idéal, il s’agit de parvenir à une parfaite transparence de soi-même à soi-même et à la Loi, à toute la Loi, c’est-à-dire à la capacité devenue totalement sereine de dépasser le Désir – ce que l’AO appelle « Ascèse » – et d’accepter voire d’aimer le nécessaire qui est aussi l’inéluctable, à savoir aussi bien la solitude ontologique que la mort : « Je ne peux compter que sur moi » et « Étant vivant, je mourrai un jour ». En la matière, pas de course ni de concours, y compris avec soi-même : seulement la Volonté, reconduite à chaque seconde, d’aller toujours un pas plus loin, toujours un peu plus haut. « Je suis » donc. Mais pour être capable de se le dire en donnant à la formule toute la profondeur et l’épaisseur ontologique qui seules peuvent conférer à la formule tout son sens, encore faut-il savoir où l’on est, et même où l’on en est, autrement dit être totalement conscient de tout le chemin parcouru, de toutes les étapes traversées, de toutes les épreuves surmontées. Cette vision, plus que globale, totale, implique pour ne pas dire impose de garder conscience, pour commencer, de son lieu d’origine – l’Horizontale, la base sur laquelle on a pris appui pour faire son premier pas, le terreau dans lequel on a puisé la sève qui a sans cesse alimenté cet élan dont l’Être est tout entier constitué. Ce terreau est identifiable à la fois à une géographie et à une histoire : il est un « quelque part » qui est en même temps un « à cette époque ». Bref, ce terreau d’origine est une culture ou une civilisation parmi toutes les autres, chacune de ces cultures ou de ces civilisations étant rigoureusement irréductible à toute autre – une Différence, collective en l’occurrence. Si l’individu sort d’un terreau et s’il prend appui sur une terre qu’il partage avec tous ceux de sa communauté, aussi étroite ou étendue que soit celle-ci (foyer, cité, province, nation, continent, planète), l’élan, qui est l’addition toujours en cours des instants dynamiques de la Volonté, est l’affirmation d’une personnalité particulière, rigoureusement irréductible à toute autre – une Différence, individuelle celle fois. Libre à chacun d’aller où l’appelle son aspiration ontologique ou son exigence d’Être, mais on ne voit pas que personne puisse venir de nulle part, qu’il soit possible, pour quiconque, de surgir au monde ex nihilo, sans ascendance ni appartenance : tout individu se reconnaît à – et surtout se reconnaît dans – ne serait-ce qu’une langue. Est-il possible de penser « Je suis » en dehors de la langue même qui sert à le dire ? Est-il possible même de se penser (« Je pense, donc je suis ») et de penser le monde (« Je suis, donc le monde est ») indépendamment de la langue au sein et par le génie de laquelle on est parvenu au niveau de conscience permettant de (se) le formuler ? Or la langue est un phénomène historique, inséparable d’une géographie. Dès lors, pour tout individu humain – pour tout individu de pensée – cette langue est essentielle car consubstantielle à son Être : maternelle elle est une culture, paternelle elle est une patrie. Pierre a beau protester à trois reprises ne pas connaître Jésus : son accent trahit en lui le galiléen, et rien ne pourra jamais faire qu’il ne soit plus ou n’ait jamais été galiléen, même le temps d’un instant de panique. Autrement dit, on ne voit pas que quiconque, aussi urgemment qu’il le désire ou aussi haut même qu’il le proclame, pas plus qu’il ne peut s’y arracher, puisse procéder à l’effacement de sa propre Horizontale. Pour le dire avec Simone Weil (SW), tout humain de même que tout peuple n’existe au monde que par un « enracinement ». ENRACINEMENT Pour développer la thèse qui commande l’ensemble de cet article et que sous-tend l’idée d’ « enracinement, je vais m’appuyer sur le livre d’Amaury Giraud (AG). A priori, rapportée à une créature aussi mobile ou à un nomade aussi infatigable que l’humain (les grandes invasions, les grandes découvertes, la conquête spatiale), l’idée d’enracinement peut paraître paradoxale, contre-intuitive voire antinomique jusqu’à l’aberration. Et pourtant… L’AO, puisqu’elle ne sait que la Loi, puisqu’elle base tout sur l’Horizontale, puisqu’ainsi elle intègre dans son principe premier l’enracinement, comment doit-elle concevoir celui-ci dans son cadre, sous quelles formes peut-elle le voir se manifester et se concrétiser ? Pour cette entité engagée dans l’aventure ontologique qu’est l’individu humain, il ne semble pas qu’il puisse y avoir rien d’autre pour l’enraciner, donc pour lui donner consistance aussi bien charnelle que spirituelle, que ce qui vient avant lui, ce qui le précède et peut-être l’anticipe, le pousse ou le propulse, ce qui le porte aussi bien qu’il le porte, par le canal justement de sa langue, aussi inconscient qu’il puisse en être : l’histoire. Pour SW, « apôtre de l’héritage culturel, parmi tous les besoins de l’âme humaine, il n’y en a pas de plus vital que le passé » (AG). Mais où, comment se saisir de ce passé ? Toujours selon SW, c’est la collectivité seule qui « constitue l’unique organe de conservation pour les trésors spirituels amassés par les morts,]]></description>
		
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		<title>EFFACEMENT ET DÉPASSEMENT (2)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 14:12:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[CONSERVATISME C’est ici le lieu de citer le titre aussi oxymorique (apparemment) qu’alléchant ou au moins stimulant, de l’ouvrage d’Amaury Giraud (AG) : « Penser le conservatisme à gauche » (Le Bord de l&#8217;Eau, 2024) Attendez, conservatisme, conservatisme… J’ai bien entendu ? Les oreilles ne me déraillent pas ? Je n’ai pas l’ouïe qui me délire ou la cervelle qui me divague ? Vous avez bien dit « conservatisme » ? Il a bien dit « conservatisme ». Ciel ! Horreur, enfer et damnation ! Conservatisme ! Mais malheureux, mais mon pauvre ami, mais vous rendez-vous compte que « conservatisme » confine à « réactionnaire » et « réactionnaire » à – oui, pardon de vous le dire mais ayons le courage de nommer les choses &#8211; « réactionnaire » confine à « fascisme » ? Oui, vous m’avez bien compris, ne faites pas semblant ou comme si ! Fascisme, rien de moins et essayez voire de trouver plus ! Eh bien oui, j’ai dit « conservatisme ». Comme AG, je l’associe à « gauche », et je ne vois pas pourquoi il me serait interdit d’aggraver mon cas en citant également le sous-titre de son ouvrage : « Entre socialisme antimoderne, populisme démocratique et critique du progrès ». Dès lors, en effet, je revendique de m’inscrire en faux, et encore une fois de tout mon Athéisme et de toute ma conviction anti-Religieux, contre l’effacement des racines judéo-chrétiennes et gréco-latines de l’Europe dans son ensemble et de la France en particulier. C’est en quoi l’AO s’inscrit plus profondément encore dans la lignée de Proudhon qui, selon AG, estime qu&#8217; « un révolutionnaire ne peut pas être un iconoclaste enragé » mais qu’il doit être au contraire « un perpétuateur, un continuateur, un passeur de mémoire de la tradition révolutionnaire commencée par les Chrétiens des premiers siècles », ces chrétiens qui selon lui «  étaient des hommes de conservation ». Jean Jaurès (JJ) pour sa part, toujours selon AG, « entend concilier l’esprit révolutionnaire, la tradition et la continuité historique », et en particulier, il ne manquait pas d’affirmer que « le christianisme est l’un des éléments de notre formation. » Il allait plus loin en déclarant que « le prolétariat ne sera pleinement affranchi du préjugé religieux que lorsqu’au lieu d’outrager le christianisme, il lui fera sa place dans l’histoire, comme à une partie du mouvement de l’esprit humain. » Philippe Ariès (PA) quant à lui se prononce résolument pour « un conservatisme élémentaire et salvateur », tandis que Denis Collin (DC) y voit « un des aspects de l’esprit révolutionnaire » ou affirme qu’ « il y a des raisons révolutionnaires pour être conservateur. » AG ajoute que ce « socialisme à la fois républicain et conservateur dont se réclame DC » est associé par ce dernier à une défense de la « culture occidentale » laquelle est « marquée par les apports à la fois romains, helléniques et judéo-chrétiens », et par ailleurs une culture occidentale qui doit être « entendue comme une culture de la liberté et de l’émancipation. » Il apparaît donc possible sinon inévitable de relier christianisme, gauche et patrie. C’est dans cette perspective qu’il faut entendre le slogan du parti de gauche espagnol Podemos selon qui « Une patrie, c’est une communauté dont on prend soin. » De plus, selon le leader de cette formation, Inigo Errejon, il faut « rallier le peuple à la cause d’un “populisme démocratique” » car selon lui, « sans transcendance, il n’y a pas de société. » C’est ainsi retrouver la Transcendance vraie et apercevoir mieux encore que sans elle, il faut renoncer au Politique ou à toute société entendue comme la République, et même affirmer que la Transcendance fausse, puisqu’étant celle du Système, est anti-société autant qu’il est possible. En effet, s’il est bien vrai que la religion tient ensemble Dominants et Dominés, elle ne le fait que par l’Injonction, laquelle ne fait qu’exacerber la Haine sévissant non seulement entre le haut et le Bas de la Hiérarchie mais à tous les étages puisque brandissant devant le Désir de tous son objet majeur qu’est le sommet du Système. À ce titre, la Transcendance fausse est le ferment de toute guerre civile. Il s’impose donc que rien n’est plus politique que de prôner le conservatisme. Cependant, s’impose ce qu’AG appelle « la dimension péjorative que recouvre, dans le champ des sciences humaines, le qualificatif de “conservateur”». Il faut donc bien entendre ‘conservatisme’ non pas, comme le dit toujours AG, «  au sens d’un passéisme rigide souhaitant un retour aux hiérarchisations rétrogrades des anciens régimes, mais d’un impératif de la préservation, de la protection et de la sauvegarde des spécificités sensibles et culturelles de mondes populaires inscrits dans un espace temps déterminé dont la globalisation économique bouleverserait les équilibres. » C’est ainsi réévaluer l’héritage soi-disant révolutionnaire de Mai 68, mouvement que le “conservatisme de gauche” considère, selon AG, « comme le triomphe des individualismes libertaires contre les communautés de destin politique et contre toute forme d’enracinement socio-culturel. » Il apparaît dans le cadre de l’AO qu’avec l’objectif l’abolir le Pouvoir, Mai 68 a également rejeté l’Autorité, ouvrant ainsi la porte au pire danger qui menace aussi bien l’individu que la collectivité : le Désir. Si, d’une façon générale, le Désir, impliquant que tous sont Rivaux pour les mêmes objets, est la guerre de tous contre tous, il se manifeste dans la France et l’Europe d’aujourd’hui, entre autres mais très haut, par cet objet étrange qu’est l’effacement, effacement des racines, effacement du passé, effacement de l’histoire. Dès lors, la question qui se pose est bien sûr : pourquoi ? Pourquoi, au centre et à gauche, ce Désir d’effacement ? La réponse cliquète partout dans le paysage politico-médiatique, mais surtout à gauche : par souci de non-discrimination. Dans la France et l’Europe d’aujourd’hui, l’attitude la plus diabolique qui soit est la discrimination. Mais qu’est-ce à dire ? De toute évidence, c’est ainsi poser le problème de l’immigration. L’Europe accueillant sur son sol toujours plus d’immigrants, la “gouvernance” morale (?) européenne, que répercutent la droite libérale et la gauche humaniste, impose cette idée qu’il convient de nettoyer voire de récurer le cadre politico-idéologique dans lequel arrivent les immigrés, c’est-à-dire d’extirper toutes les références historiques et culturelles qui, de fait, excluent ces arrivants puisqu’eux-mêmes, par définition, en portent et en apportent d’autres dans ce qu’on peut appeler leur bagage ontologique :]]></description>
		
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		<title>EFFACEMENT ET DÉPASSEMENT (3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 14:10:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[LA GAUCHE ABSOLUE Ironie (douloureuse) mise à part, reste d’être sérieux et d’analyser, c’est-à-dire de dépasser la polémique simpliste et stérile. En l’occurrence, il s’agit de parfaire l’entreprise déjà engagée dans les quelques articles précédents, à savoir de régler son compte à la « gauche » ou à la « gôôôôche ». C’est évidemment la gauche telle qu’elle se présente aujourd’hui, telle qu’elle se proclame être la gauche, telle qu’elle se gargarise de son identité de gauche, de son statut de gauche, de sa pureté de gauche, de son exclusivité de gauche – c’est cette gauche qui me pousse à empoigner l’étiquette, ou plutôt l’écriteau, la pancarte, le drapeau, l’enseigne, la bannière, l’étendard, l’oriflamme, le gonfanon, le calicot, et à secouer la chose comme un prunier ou comme un cocotier pour qu’en tombent tous les gadgets dont elle s’enguirlande la frondaison afin de voir ce qu’ils ont dans le mécanisme et dessous les rouages. Cette gauche, sans même le dire et finalement en ne l’affirmant pas si haut ni si souvent, est établie sur un principe aussi simple qu’exorbitant, et qu’elle transpire de partout, d’abondance et à tous coups : « Nous, et nous seuls, au milieu de ce monde pourri de droite et d’extrême-droite, nous sommes le bien, nous sommes la vertu – nous sommes la vérité. » L’AO se situe aux antipodes de cette gauche puisqu’elle se base quant à elle sur un principe simple, avec un corollaire qui l’est tout autant : « Voilà un point de vue. Quel est le vôtre ? » Ou : « Voilà une façon de voir. Qu’en pensez-vous ? » Alors que cette gauche est un dogme invétéré qui ne souffre pas discussion, l’AO est une conviction argumentée qui appelle le débat. Cette gauche impose un absolu ; l’AO revendique un relatif. Cette gauche s’arroge une position (fort) divine quand l’AO assume une position (très) humaine. L’AO, assumant la précarité à la fois ontologique et intellectuelle de son point de vue, ne peut se reconnaître dans la gauche tout confort qui, se réservant la position divine, détermine et en fait se fabrique un diable (le RN dans le champ politique et le groupe Bolloré dans le champ médiatique) sur le bon dos duquel elle se décharge de ses propres noirceurs et mochetés, s’autorisant ainsi à se réserver et à se réclamer d’une innocence sans failles – la technique, vieille comme le monde c’est-à-dire vieille comme le Religieux – du bouc émissaire (lire et relire René Girard). Qu’est-ce ainsi qui se profile ? George Orwell (GO) brocardait la gauche socialiste de son temps parce qu’elle avait « l’œil rivé sur le fait économique » et qu’elle agissait « comme si l’âme chez l’homme n’existait pas ». La gauche d’aujourd’hui n’a peut-être plus l’œil rivé sur l’économique, lequel ne lui est plus que subsidiaire, mais il est sûr qu’elle a remplacé l’âme de l’humain par la moral(in)e de la secte, c’est-à-dire la conscience par la bonne conscience, laquelle bonne conscience n’est jamais que l’envers de la mauvaise, cette mauvaise conscience qu’elle se dissimule à elle-même par ses démonstrations généreuses et son ostentation magnanime. « Nous seuls sommes le bien » est un principe qui pourrait presque prêter à (sou)rire s’il ne comportait un corollaire : « Si vous n’épousez pas intégralement notre ligne, vous êtes (au mieux) un malade ou un égaré, (au pire) un ignare ou un pervers (pour rester poli parce qu’il n’est pas interdit, dans la logique du dérapage savamment incontrôlé, d’aller jusqu’à « ordure » sinon « gros porc » ou « sale pourri »). Il faut ici suivre Alain Finkielkraut (AF) : « Le mal totalitaire découle de la certitude d’appartenir au camp du bien. » En fait, la gauche est tout entière en proie au Scandale qui est le déni même de l’âme, son pire ennemi. De quoi s’agit-il ? Dans le cadre de l’AO, il ne peut y en avoir qu’un : si le mal peut être assimilé au Désir, c’est dans son objet majeur qu’il faut le saisir. Quel est-il ? Il tient en trois mots : « Moi ! Moi ! Moi ! », et il se résume en un seul : l’individu. Non pas l’Individu, lequel est tout entier voué à l’intérêt général au sein de la République dont il se veut un citoyen mais bien le Comparse qui n’est obsédé que par son intérêt particulier au sein du Système dont il se désire un Dominant ; non pas l’Individu qui ne conçoit que la solidarité dans la logique du Politique, mais l’individu-(petit)dieu qui ne voit que soi dans la logique du Religieux. Encore une fois, soit l’Individu soit le Comparse, autrement soit le citoyen qui enrichit la République de tout l’Être qu’il acquiert au long de son Processus, soit le Comparse qui se conçoit lui-même comme un Système dont il serait le Dominant. C’est aux Comparses et aux groupes identitaires qui les fédèrent souvent que la gauche apporte son soutien inconditionnel, agressif et monomaniaque. Alors que l’AO n’en appelle qu’à la Volonté, cette gauche ne flatte que le Désir, toujours le Désir, le Désir tout puissant de l’individu ou des minorités. Or la gauche professant, avec cette anthropologie du Désir, un individualisme forcené, il faut se demander s’il ne s’agirait pas là du plus sûr moyen de précipiter le naufrage de la communauté. En effet, où mène l’individualisme ? Marcel Gauchet (MG), s’il voit dans la sacralisation moderne de l’individu (l’AO parlerait plutôt de sanctification car le Saint n’est pas le Sacré) une chance démocratique, il y détecte également un risque de déviance vers l’individualisme narcissique, lequel peut toujours devenir une sorte de tyrannie, celle de « l’individu hyper-contemporain » ou du groupe dans lequel il réfugie sa rancœur. En effet, soit l’Individu est voué de toute sa Volonté à la Transcendance vraie du « nous » en lui apportant sa Différence, soit l’individu est possédé de tout son Désir par la Transcendance fausse du « Moi/groupe » dont il fait une Distance. Si la Différence est le principe même de l’Autorité, la Distance est celui du Pouvoir. Ce Pouvoir peut s’exprimer de deux façons : se faisant narcissisme, soit ce narcissisme est celui d’un (peudo) Être qui est à lui-même son propre Scandale et le Comparse ne désire rien (sa)voir d’autre que soi ; soit ce]]></description>
		
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		<title>EFFACEMENT ET DÉPASSEMENT (4)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 14:09:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[LA GAUCHE ET LE PEUPLE Cette gauche se moque comme d’une guigne du vote populaire : elle ne reconnaît que le vote de gauche ; elle n’a que faire des aspirations populaires : elle ne valide que le Désir de gauche. Cette gauche méprise le peuple , se vouant à la déification des victimes, avec une préférence marquée pour l’individu venu d’ailleurs et les minorités transplantées. Cette gauche a substitué au souci du peuple la pitié du migrant. Cependant, cette pitié hautement affichée et pratiquée sur le mode tonitruant et la main sur le cœur a toutes les chances d’être un Mythe puisqu’elle dissimule la violence, ou plutôt la double violence commise à l’égard du peuple de France et à l’égard des immigrés de tous bords. On ne peut ici que rejoindre Michel Clouscard (MC) : « La compassion est devenue le visage humain du mépris. » De même, JPC parle du mépris social qui frappe les classes populaires, et il souligne la part prise dans l’évolution de la gauche quant à ce phénomène. Il est trop évident que cette gauche ne peut plus revendiquer la démocratie à laquelle elle s’identifiait jadis – mais pas naguère encore puisque c’est avec le socialisme opportuniste– et complice de la droite – de F. Mitterand que tout a basculé. En effet, c’est Mitterand qui, dès 1983, a vendu la France aux marchés. Les marchés ! L’idéologie si ce n’est la religion de l’Avoir. De Tonton à Macron (de la gauche caviar des années 80 à la gauche de droite que dénoncent certains aujourd’hui) règne cette idée que le marché, c’est le ruissellement, la prospérité de tous, et à partir de cette cascade bienfaisante ou de cette cataracte charitable, la paix universelle, cette idée que le marché est régulateur des tensions sociales, c’est-à-dire, en termes de l’AO pour en faire apparaître l’absurdité, que l’Avoir, donc le Désir, serait le régulateur des besoins : « Quand tout le monde en aura plein les poches, ce sera le bonheur universel. » Le danger est d’abord bien sûr, comme le souligne SL, que « la croyance en l’autorégulation par le marché amène très logiquement à substituer le marché à toute autre régulation ». Mais surtout, c’était là oublier deux choses dont chacune est suffisante pour condamner cette idéologie : d’une part l’Europe des marchés et de l’immigration massive ne comble pas tout le monde mais ne fait qu’une poignée de nantis pour toujours plus de pauvres ; d’autre part, l’Avoir n’a jamais fait le bonheur puisqu’il ne confère pas l’Être, cette « âme » que dit GO. Non seulement le peuple souffre, et même souvent crève, mais il doit constater, avec l’immigration massive, qu’avec le pain de la bouche, on lui arrache son identité – son Être. C’est là ce que dit Laurent Bouvet (LB) quand il parle d’un double mouvement : « D’une part la stigmatisation de la figure populaire devenue rapidement raciste, xénophobe, sexiste et homophobe ; et d’autre l’exaltation de la différence identitaire culturelle comme d’un bienfait en soi pour les individus comme pour la société. » Christophe Guilly (CG) dit clairement qu’« en adoptant une posture de surplomb vertueux dans leur rapport, conscient ou inconscient, avec les classes populaires, les élites occidentales modernes assurent une suprématie doctrinale qui permet de réduire toute contestation du capitalisme libéral à un comportement xénophobe et réactionnaire ». Or CG ajoute également, et c’est encore d’une autre portée, que la politique d’immigration est désirée et soutenue par le capitalisme libéral et global moderne. DC pour a part affirme que « le “sociétalisme progressiste” – qu’il s’agisse des questions de genre, de l’intersectionnalité oui encore des “races sociales”  – serait un subterfuge du capitalisme pour diffuser l’individualisme nécessaire à son expansion » et, d’accord en cela avec Pier Pasolini Pasolini (PPP) et MC que s’impose le rapprochement entre le fascisme historique et le « néofascisme » que représente le capitalisme. PPP dénonce plus précisément ce « nouveau fascisme qui est celui de la consommation », ajoutant que si « les sociétés répressives avaient besoin de soldats, de saints et d’artistes, la société permissive n’a besoin que de consommateurs. » Slavoj Zizek (SZ) voit l’immigration comme « une nécessité du capitalisme globalisé », et il observe que « le grand capital s’associe fièrement au politiquement correct ». Tel est aujourd’hui le bloc de gauche : idiot utile si ce n’est complice du capitalisme le plus débridé. C’est en quoi il faut parler d’imposture. Denis Collin (DC) estime que « la lutte contre les discriminations serait en réalité une idéologie capitaliste visant à dissimuler le statut social et prolétaire de l’immigré en l’enfermant dans un statut de victime du racisme », ou que « le refus de voir une religion en particulier empiéter sans cesse sur l’espace public, imposer ses règles ségrégationnistes contre toute la décence commune sur laquelle repose la communauté politique est maintenant assimilé à du racisme », et il déplore que « d’éminents membres de la “gauche” apportent leur caution à cette imposture. » MG quant à lui fustige cette « gauche mondaine dont le seul programme serait la défense des revendications minoritaires ou catégorielles » et il ajoute que « la notion de “société multiculturelle” dont se gargarise la gauche mondaine en son insondable bêtise relève de l’imposture démagogique la plus caractérisée. » SZ estime que « la « gauche bien-pensante » sert de caution morale au capitalisme mondial, lequel est composé d’ « hypocrites » défendant « l’ouverture des frontières afin de satisfaire à une sorte d’égocentrisme vertueux » et ainsi « jouent la belle âme qui s’estime supérieure au monde corrompu dont elle participe secrètement » non toutefois sans avoir « besoin de ce monde corrompu en tant qu’unique terrain sur lequel ils peuvent exercer leur supériorité morale. » D’où la tyrannie de ce que Murray voit comme le « camp du bien » et qui, « conscient de sa propre décrépitude, prend alors, dans le champ politique et médiatique, l’allure d’une sorte d’inquisition contre la liberté d’opinion et d’expression », adopte des « postures de redresseurs de torts et de justiciers valorisées socialement, quand il ne s’agit pas simplement de s’adonner à la délation, à la disqualification, au chantage, à la diabolisation et au lynchage médiatique comme judiciaire. »]]></description>
		
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		<title>EFFACEMENT ET DÉPASSEMENT (5)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 14:08:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[DÉPASSEMENT Non pas effacement mais dépassement : qu’est-ce à dire ? Quant au christianisme, cette opération peut se décrire fort simplement dans le cadre de l’AO : il faut en abolir tout le Religieux et en conserver tout le Politique. Le Religieux ? Il faut évidemment se défaire des Injonctions et du Mythisme, en gros de tout ce qui contraignait à obéir et à croire, tout ce qui corsetait aussi bien le corps que l’esprit, tout ce qui censurait le plaisir et la pensée. Mais le Politique chrétien ? Ce qu’en ce domaine l’Occident doit au christianisme pourrait faire l’objet d’une longue étude, fort complexe, mais on peut déjà, en opposition radicale avec la gauche pénitentielle et bien-pensante qui prétend faire payer à chaque Français d’aujourd’hui le colonialisme, c’est-à-dire une gauche qui, avec le cynisme de ses meneurs dissimulé sous les meilleures intentions, ne craint pas la régression anthropologique car la punition collective et la culpabilité qui saute les générations relèvent d’un archaïsme qui se lit en toutes lettres, et à de nombreuses reprises, dans l’Ancien Testament. Or celui-ci a totalement disparu du Nouveau Testament ce texte qui, justement, a fondé le christianisme, c’est-à-dire inauguré le Politique en ce qu’il a aboli le collectif coupable au profit de l’individu responsable, l’individu qui seul s’arrache au rapport Dominant/Dominé ou à la Rivalité universelle pour instaurer avec Autrui le rapport de solidarité. C’est le christianisme qui a en quelque sorte inauguré cet individu solidaire de tout autre – l’individu, seule base ou Horizontale de l’Individu. Il est trop vrai que la Chrétienté a – trop – longtemps maintenu le Système divin sous forme de la papauté et des monarchies de droit divin, c’est-à-dire retenu le peuple chrétien dans le Religieux, mais c’est du christianisme seul que pouvait sortir l’individu solidaire capable de fonder la République, dont celle de l’An I ne donne qu’une idée fort grossière et que celles qui se sont succédé depuis lors sur le sol de France n’approchent que fort imparfaitement ; il est trop vrai par ailleurs que le capitalisme a pris le relais du Religieux divin avec le Religieux mondain en remplaçant simplement, au sommet du Système, le Père par l’Avoir, le Fils par Mammon, et le Saint-Esprit par le sacro-saint pognon. Ces réalités à la fois historiques et sociologiques sont regrettables autant qu’indiscutables, et c’est justement pourquoi il faut prendre garde que la nouveauté révolutionnaire chrétienne sur le plan anthropologique – l’individu – se révèle aujourd’hui menacée de mort. Le christianisme avait vocation, dans son principe, à remplacer le Religieux par le Politique, ou le Système divin par la République. Mais il se trouve que ce principe politique de l’individu se trouve dévoyé dans le pire du Religieux sous forme de cet individualisme forcené prôné par la gauche, à savoir le remplacement du Système divin (« Dieu ») non par la République (« Nous ») mais par le Système individuel (« Moi, moi, moi ! »), Système moderne qui épouse parfaitement le capitalisme, chaque « moi » étant un consommateur aussi fervent qu’insatiable. Par ailleurs, pour réussir le dépassement, il peut suffire de considérer notre devise républicaine : « Liberté, égalité, fraternité ». Il apparaît que, dans ce triptyque, si la liberté n’est certainement pas le fort non du christianisme mais de la religion chrétienne, et qu’il a même fallu la conquérir contre l’Église, il n’en va pas de même pour les deux autres notions. Il se trouve qu’en la matière, parmi les trois monothéismes, le christianisme est à la fois unique et exemplaire. En effet, la religion du Christ a dicté non seulement à l’Europe mais au monde le principe le plus politique et le plus universel qui soit, celui qui procède en droite ligne de la promotion de l’individu : l’égalité. L’égalité, rien de moins ! Celle-ci, dans le texte initial de la République française, est presque immédiatement connectée à la dignité. Le christianisme a prêché l’égalité absolue de tous les enfants de Dieu : on peut effacer Dieu, en lui substituant la Loi, et garder l’égalité de tous, égalité absolue de tous les individus, c’est-à-dire égalité des sexes, des races et des conditions, égalité homme-femme, égalité aveugle aux couleurs de peau et aux ethnies – bref, égalité des Dominants et des Dominés donc abolition du Système au profit de la République. Bien sûr que le christianisme ou plutôt l’Église a été bien loin de respecter toujours elle-même cette égalité, s’étant faite trop souvent caution du Pouvoir des mâles et des puissants : c’est justement ce que le christianisme conservait de religieux, et qu’il faut à coup sûr abolir. Mais quant à l’égalité, il suffit, pour mesurer l’ampleur de l’apport, de comparer ce qu’ont prêché les deux autres monothéismes : le judaïsme, avec le Mythe du « Peuple élu », s’il a promu l’égalité entre eux de tous les juifs, n’a pas laissé de disqualifier tout le reste de l’humanité, procédant à ce qu’il est permis d’appeler une élimination ontologique puisqu’un peuple une fois élu, tous les autres se trouvaient de facto rejetés, effacés au regard de Dieu donc bannis hors de l’Être. Quant à l’Islam, plus rien n’est à dire sans doute sur le statut d’infériorité qu’il impose à la femme, c’est-à-dire à la moitié de l’humanité, mais il devrait appeler encore force commentaires sur l’Injonction signifiée à tout bon musulman de soumettre les non-musulmans à Allah et d’exterminer tous les mécréants – convertir ou décimer, élimination non plus ontologique mais bien réellement physique cette fois. En face du judaïsme qui se désire unique au-dessus du monde – religion de la Distance – et l’Islam qui ne désire que régner sur la planète – religion du Même – le christianisme seul promeut toutes les Différences – religion de l’Autre, cessant par là même d’une religion pour devenir une politique. Il faut ajouter que cette égalité implique forcément la fraternité : comment voir là rien qu’il faille résilier ? Si l’égalité et la fraternité sont des traditions chrétiennes, faut-il vraiment les effacer sous prétexte que toute tradition est réactionnaire ? Est-ce que cet effacement serait formidablement progressiste ? Est-ce que ce serait un progrès que d’adhérer à une gauche wokiste, islamo-complaisante et (pseudo) féministe qui, en infraction avec l’article 1er de la]]></description>
		
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		<title>GAUCHE ET EXTRÊME-GAUCHE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Aug 2025 16:30:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[croyance]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-gauche]]></category>
		<category><![CDATA[fascisme]]></category>
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					<description><![CDATA[GAUCHE ET EXTRÊME-GAUCHE Sans doute y aurait-il beaucoup à dire sur la différence entre « droite » et « extrême-droite » mais il est possible que la tâche soit plus conséquente encore pour déterminer ce qui sépare « gauche » et « extrême-gauche ». Pourtant, dans le cadre de l’AO, il paraît assez facile de cerner quelques points précis sur lesquels se joue se joue cette différence. L’AO, puisque voyant la source de tout le mal dans le Désir, ne peut que récuser le Pouvoir au profit de l’Autorité. En effet, le Pouvoir est l’objet du Désir d’un seul, Désir que celui-ci impose à la communauté sous forme d’Injonctions arbitraires édictées dans son propre et unique intérêt : c’est le Système. En revanche, l’Autorité relève d’une Ascèse invalidant le Désir au profit des besoins vitaux à la satisfaction desquels doit œuvrer la volonté générale qui s’impose à la communauté sous forme de lois rationnelles édictées par cette communauté dans le seul souci de l’intérêt commun : c’est la République. Le Système met aux prises un/des Dominant(s) et des Dominés ; la République fait collaborer des citoyens – Dominants et Dominés étant des Comparses dans la Rivalité, les citoyens quant à eux étant tous des Individus partenaires dans l’œuvre commune. Dans le Système ne prévaut que la guerre générée par le conflit des Désirs pour les mêmes objets aliénants, Avoir, Pouvoir et gloire ; dans la République ne prévaut que la concorde impliquée par les Volontés individuelles d’adhérer au contrat social conçu pour subvenir aux besoins universels de sécurité et de liberté. Ce qui revient à dire également que l’AO, contre le Pouvoir au profit de l’Autorité, invalide le Religieux au profit du Politique. En effet, le Désir ne trouve jamais de meilleure expression que dans la formule à la fois obsessionnelle et lapidaire du Comparse : « Moi ! Moi ! Moi ! » Autrement dit, les trois objets du Désir étant visés : « C’est moi et uniquement moi qui dois être le plus riche, le plus fort et le plus beau ! » autrement dit qui doit siéger au sommet du Système dans l’opulence, l’omnipotence et la magnificence. C’est ainsi pour le Comparse faire de soi-même une idole et bientôt un dieu, idole qu’il faut adorer et dieu qu’il faut révérer, l’adoration étant justifiée par l’idéologie (« Je suis le meilleur, je suis le mieux né, etc. ») et la révérence par le Mythe (« Je suis le lieutenant de Dieu sur terre, j’ai reçu mission de Dieu, etc. » – idéologie et Mythe requérant bien sûr un « croire ». C’est ainsi que l’AO conçoit le Religieux et qu’elle l’oppose au Politique qui tient au contraire tout entier à un savoir, celui du Désir et de ses dangers mortels en même temps que conscience de l’engagement responsable que chacun doit contracter envers lui-même et Autrui pour nourrir ce « Nous » en quoi se ramasse ce bien commun qu’est la souveraineté du peuple. L’AO ne peut que dénoncer l’individualisme inhérent au Désir qui s’impose comme une Transcendance fausse (Moi = Dieu) pour promouvoir la Volonté individuelle dans le concours de toutes les autres qui seul peut édifier la Transcendance vraie (« Nous = l’Homme). Dès lors, même en ne perdant pas de vue que la République reste à ce jour irréalisée alors que le Système n’est depuis toujours que trop réel, il est facile de saisir la ligne de démarcation et même d’opposition entre gauche et extrême gauche. Alors que la gauche ne peut travailler, dans la paix, qu’à une Autorité qu’élabore, entretient et enrichit chaque Volonté particulière, l’extrême-gauche ne cesse jamais d’attiser une guerre pour faire valoir le Désir insatiable et intolérant de chacun. Alors que la gauche ne peut que tendre vers la souveraineté du peuple, l’extrême-gauche s’acharne à imposer la tyrannie de l’individu et des minorités. Alors que la gauche trouve son instrument premier dans la Justice et dans le droit sous la forme des lois, l’extrême-gauche ne s’emploie qu’à faire du Désir de chacun un droit et de ce droit une Injonction devant quoi tout le monde doit plier. La gauche est la loi, l’extrême-gauche est le dogme. Si la gauche n’est que respect, l’extrême-gauche n’est qu’arrogance. Quand la gauche n’œuvre qu’à valoriser les Différences, l’extrême-gauche n’a de cesse de faire de chacune d’elles une Distance. Autant la gauche est souple et accueillante à l’Autre, autant l’extrême-gauche est raide et crispée sur son Même. Quand la gauche n’a que des alliés, l’extrême-gauche n’a que des ennemis. La gauche plaide et délibère ; l’extrême-gauche feule et vocifère. La gauche entretient la liberté d’expression, l’extrême-gauche pratique le délit d’opinion ; la gauche réunit, l’extrême-gauche discrimine ; la gauche aime la République, l’extrême-gauche excite ceux qui la détestent ; la gauche se veut réformatrice, l’extrême-gauche se croit révolutionnaire ; la gauche est revendicatrice, l’extrême-gauche est insurrectionnelle. Inutile d’insister sur tout ce qui apparente l’extrême-gauche à l’extrême-droite puisqu’il n’est plus à démontrer que les extrêmes se rejoignent – en fait elles ne peuvent que s’abîmer ensemble dans le gouffre infernal du Désir. C’est également sur ce point que peut se repérer et se comprendre ce qui creuse le fossé entre gauche et extrême-gauche plus encore qu’entre droite et extrême-droite. La raison de cette asymétrie a de grandes chances de résider dans le fait que, le magistère moral de la gauche aidant ou imposant voire terrorisant – le cordon sanitaire – l’identité de l’extrême-gauche est en quelque sorte et ne peut être que négative : elle est avant tout sinon même exclusivement anti-fasciste, et elle l’est jusqu’à la fureur voire jusqu’au fanatisme. C’est au point peut-être que si l’extrême-droite n’existait pas, l’extrême-gauche devrait l’inventer pour exister elle-même. C’est cette invention qui se réalise justement sous la forme de la dénonciation forcenée du fascisme et de tous les « fachos ». Si on en revient à la définition du fascisme, c’est-à-dire l’abolition de la souveraineté populaire au profit d’un régime dictatorial, avec, en plus d’un chef tout puissant et charismatique, un parti unique, un état policier, la police de la pensée et des mœurs, l’opposition muselée et criminalisée, les dissidents arrêtés, psychiatrisés voire éliminés, etc. ; si on s’en tient à cette définition donc et qu’on examine à]]></description>
		
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		<title>MAL À GAUCHE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 15:24:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[gauche]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[MAL À GAUCHE Chacun de nous se trouve devant un choix, lequel est en fait un dilemme : soit on est progressiste, mais il ne faut pas voir ce qu’on voit ni entendre ce qu’on entend ; soit on tient à voir ce qu’on voit et à entendre ce qu’on entend, mais alors on est fasciste. « Progressiste- » : le plus gratifiant ; « fasciste » le plus infamant. Qui n’aurait envie d’être progressiste ? Mais le prix à payer est exorbitant puisqu’il faut accepter d’être aveugle et sourd. Qui peut se résoudre à nier ce que ses yeux voient et ce que ses oreilles entendent ? Mais alors le prix à payer est tout aussi exorbitant puisqu’on se trouve rejeté dans la communauté maudite. Mais au fait, ‘maudite’, si c’est un adjectif, c’est parce qu’il s’agit d’un participe passé adjectivé, lequel participe est en fait un passif ; or tout passif a un agent ; en l’occurrence, cet agent, quel est-il ? Autrement dit, si une communauté est maudite, elle l’est par qui ? Qui, dans le paysage politico-médiatico-intellectuel français actuel, détient, plus même que le droit – ce qui serait déjà énorme – mais bel et bien le Pouvoir – ce qui est cette fois ahurissant – de criminaliser une communauté, de la mettre au ban, donc de la maudire ou de la frapper d’une indignité irrémédiable autant qu’indiscutée ? La réponse ne fait pas de doute : la gauche. Écrivons plutôt la « gauche » en prenant toutes les précautions qui s’imposent et toutes les distances nécessaires. Gauche, vraiment ? Car enfin, est-ce que “gauche” et “ostracisme” sont deux notions compatibles ? Est-ce que la gauche n’est pas justement le parti de l’ouverture, de la tolérance donc de l’inclusion ? Ouverture, tolérance, inclusion, ce sont là trois « valeurs » que la « gauche » revendique, claironne, et au plus haut et toujours au plus fort, et avec tous ses tambours médiatiques et toutes ses trompettes marketing –  mais c’est cette même « gauche » qui, avec la complicité d’une droite et d’un centre qu’elle tétanise au moyen de l’accusation toujours prête de « fasciste », pratique la discrimination à haute dose et même à une échelle certainement jamais vue jusqu’ici. Cette discrimination porte le titre, sur son côté positif, d’ « arc républicain » et, sur son côté négatif, de « cordon sanitaire ». Cet arc républicain exclut et ce cordon sanitaire isole le RN et les quelques partis satellites classés, c’est-à-dire rejetés, à l’extrême-droite. Adoptons une attitude que la « gauche » ignore, à savoir mettons de côté les élus de ces partis pour ne considérer que leurs électeurs ; il se trouve que leur sociologie est parlante : cet électorat est constitué dans sa grande majorité par les classes populaires. Or la « gauche », historiquement parti desdites classes populaires, les rejette dans l’infréquentable sinon les voue aux gémonies parce qu’elles votent massivement pour le RN – onze millions d’électeurs ! La « gauche », au lieu de se demander pourquoi cette masse vote à l’extrême droite, au lieu de s’interroger sur les raisons de ce désamour et les mesures à prendre d’urgence contre ce désastre – cette gauche donc, elle qui se proclame inclusive et rassembleuse, réussit l’exploit – vertige du paradoxe ! – de rejoindre un pays comme l’Inde traditionnelle en faisant de onze millions d’électeurs une immense caste d’ « intouchables ». Et dans ce registre, elle ne craint pas d’en rajouter ! Ne voyant comme à son habitude que les élus et ignorant les électeurs, elle invente ou reprend à son compte le calembour canarenchainesque « R-Haine » – comme si onze millions de Français pouvaient n’être que haine, comme si ces masses populaires n’étaient pas en fait, dans leur vote, mues par le seul désespoir ! Ce n’est pas tout ! Cette gauche atteint des sommets d’élégance lorsqu’après l’entrée au Parlement de 89 élus RN en 2022, les croisant dans les couloirs de l’Assemblée nationale, les élus LFI entre autres affectaient de se pincer le nez – comme si on faisait de la politique avec « Casse-toi, tu pues ! », comme si on pouvait être dans le Politique en pratiquant un geste qui relève de l’insulte ! Pour qui se sent viscéralement et se veut essentiellement de gauche, innombrables sont les griefs qu’il peut nourrir à l’égard de ce qui se dit de « gauche » aujourd’hui. La gauche Jean-Paul. — Sur le plan historique, il est fort éclairant d’en revenir à l’opposition, dans les années 50, entre deux gauches : celle de Sartre et celle de Camus. Sartre, grand bourgeois qui cherchait à se le faire pardonner en adoptant la posture révolutionnaire voire insurrectionnelle ; Camus, homme du peuple qui recherchait les compromis et les conciliations. Sartre qui a été, entre (beaucoup et d’abominables) autres, stalinien, pro-OAS, enthousiaste de la révolution islamiste iranienne en 1979 ; Camus qui ne recherchait que la ligne morale la plus nette. Sartre qui éructait « Tout anti-communiste est un chien » ; Camus qui déclarait « Si la vérité était à droite, je serais à droite ». Sartre qui appelait au meurtre ; Camus qui ne demandait que la justice. Sartre et la gauche dogmatique et idéologique ; Camus et la gauche tout simplement éthique – ou, pour le dire plaisamment, un Sartre complètement à l&#8217;Ouest et un Camus qui ne perd jamais son Nord. Il se trouve que la gauche actuelle est très nettement sartrienne, héritière de cette gauche qui, dans les années 70/80, avait épousé la cause des Brigades rouges et de la Bande à Baader, et qui aujourd’hui, dans la même lignée et avec les encouragements sinon les bénédictions d&#8217;un J.-L. Mélenchon, fait les yeux doux aux « antifas » et à tous les casseurs qui polluent les manifestations organisées en faveur des causes les plus justes (les méga-bassines surnuméraires ou les autoroutes pléonasmiques, etc.). La gauche Privilège. – Sur le constat que le « cordon sanitaire » est tendu autour du grand parti d’extrême-droite ; sur le constat également que d’une part ce cordon sanitaire n’est dénoncé ni]]></description>
		
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		<title>WOKISME ET FASCISME</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Jun 2025 09:04:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[WOKISME ET FASCISME Cet article s’appuie sur deux ouvrages et une vidéo. Les deux ouvrages : • SOYONS WOKE, plaidoyer pour les bons sentiments, de Pierre Tevanian (Éd. Divergences) • FACE À L’OBSCURANTISME WOKE, sous la direction d’E. Hénin, X.-L. Salvador, P. Vermeren (PUF) La vidéo &#60;https://www.youtube.com/watch?v=9NE9Jj0Ud5c&#62; émane de Médiapart, et donne la parole au même Pierre Tevanian (PT), avec deux sociologues , Solène Brun et et Laure Bereni. En guise d’introduction, il faut partir d’un constat : ces deux ouvrages et cette discussion font vivre dans un monde où, de ce qui crève les yeux, il est requis de dire « Ça n’existe pas » et de ce qui est dénué de tout fondement « C’est une vérité scientifique », un monde où, symétriquement, quand, de l’évidence, on dit « Ça va de soi » et de l’absurde « Ça ne tient pas debout », on est immédiatement accusé de tenir des propos haineux et, finalement et immanquablement, taxé de « fasciste », c’est-à-dire de la pire des tares – un monde où on est, par ordre croissant, niais, aveugle, stupide, douteux, coupable et enfin pourri – bref, un monde où il y a de quoi devenir fou. Pour ne pas devenir fou, une seule issue : analyser. I. LE PROCÉDÉ : COMMENT ? Les deux livres. Il s’impose de partir de cette assertion négative qui assomme d’emblée tout débat sur le sujet : « Le wokisme n’existe pas ». La phrase figure en toutes lettres dans le livre de Pierre Tevanian (p. 18), mais !– mais elle est suivie d’une parenthèse de quatre lignes : « au sens où aucun dogme constitué, aucun clergé unifié, aucun parti organisé ne rassemble tous les groupes ou individus qui s’engagent dans les luttes qualifiées de woke ». L’équivalent de cette parenthèse se trouve également dans le petit texte de présentation qui figure en 1ère de couverture, lequel annonce que l’auteur fait « valoir à juste titre que le “wokisme” n’existe pas en tant que courant homogène, puissant et organisé » – le plus stupéfiant étant ici la petite expression “à juste titre” puisqu’elle valide d’avance ce qui est censé devoir être démontré par l’ouvrage. Or est-ce que « ça n’existe pas » et « ça n’existe pas en tant que courant homogène » sont deux assertions équivalentes ? Est-ce de la mauvaise foi de les dire en réalité parfaitement contraires ? En effet, la première constate un néant alors que la seconde fait état d’un phénomène. Que ce phénomène soit divers voire confus, multiple voire composite, multiforme voire disparate, pluriel voire hétéroclite, c’est sans effort qu’on peut le concéder, mais PT ici, malgré qu’il en ait ou qu’il en aurait s’il devait le reconnaître, l’établit : ce phénomène existe bel et bien. PT invoque par ailleurs, en s’appuyant sur un autre auteur, « le caractère fantasmatique du “péril woke” » et il parle de « sa fausseté sur le plan factuel » (p. 15), mais outre qu’il fait état lui-même des faits partout dans son livre, il faut s’aviser que « le wokisme n’existe pas » et « le péril woke est un fantasme » sont deux assertions qui ne s’équivalent pas. En effet, alors que la première nie l’existence du phénomène, la seconde l’admet implicitement, et cela précisément quand elle se borne à en nier le caractère dangereux ; de deux choses l’une : soit le wokisme n’existe pas et donc la question de son danger ne se pose pas ; soit ce danger est un fantasme si ce n’est une calomnie, et alors le mouvement qui en est exempt existe bel et bien. Il faut ajouter ce détail que PT rédige son livre en écriture inclusive, laquelle est un marqueur essentiel du wokisme et dénote chez PT une obéissance à l’une de ses Injonctions, impliquant ainsi que ce mouvement est bien réel. Ce qu’il faut alors constater, c’est que les anti-antiwokisme prétendent faire disparaître le phénomène et sa toxicité derrière son absence d’unité idéologique et de structuration politique. Chacun appréciera le degré d’honnêteté intellectuelle qui préside à un tel procédé. La vidéo de Médiapart. Ce média fait souvent grief à ceux qu’il considère – c’est dire qu’il condamne – comme étant d’extrême-droite, de ne pratiquer aucunement le pluralisme. Or il faut constater qu’à cette discussion sur le wokisme ou plutôt contre l’antiwokisme ne participent que trois personnalités qui sont parfaitement d’accord sur le sujet, sans compter le modérateur qui ne fait jamais que les encourager à aller toujours dans ce même sens et à en rajouter à cette fin toutes les couches et toutes les louches. Il ne s’agit donc pas d’un « débat », ce débat qui est refusé aux « ignobles chaînes Bolloré » accusées soit de n’en organiser jamais soit de n’en organiser que de factices en conviant un individu chargé de jouer le rôle de l’alibi culturel qui n’est là que pour « faire croire » au sacro-saint pluralisme. Cette discussion est en fait un procès en règle de l’ennemi à abattre, l’antiwokisme, et – même procédé que dans le livre de PT – un procès mené non pas même par quatre juges mais par quatre procureurs, et un procès dont la sentence est annoncée d’entrée de jeu par le modérateur puisqu’elle sert d’introduction et qu’elle est bien sûr une condamnation sans appel. Si la justice fonctionnait toujours ainsi, ce serait intenable ; mais sur le seul plan de l’honnêteté intellectuelle toujours on ne voit pas que cette façon de faire soit moins indéfendable. II. LE CONTENU : QUOI ? D’abord, il convient de s’arrêter sur deux déclarations de PT : parlant des « pamphlets anti-wokistes », il les dit d’abord, sans le démontrer, « déguisés en “enquêtes” ou en “analyses du phénomène” » et il décide qu’ils « portent des titres plus ridicules les uns que les autres » (p.13) ; il affirme également que « s’il est une chose dont les antiwokistes n’ont vraiment pas peur, […] c’est du ridicule » (p. 15). Il est évident que PT estime ne pas lui-même courir ce risque une seconde : en vertu de quoi ? Il est par ailleurs permis de demander en quoi « Soyons Woke, Plaidoyer pour les bons sentiments » est un titre plus ou moins ridicule que « La religion woke » ou]]></description>
		
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		<title>SAUVE QUI PEUT LA GAUCHE !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Apr 2025 10:33:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[gauche ; pouvoir ; respect]]></category>
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					<description><![CDATA[SAUVE QUI PEUT LA GAUCHE ! Marine Le Pen s’est mérité ce qui la frappe ; la France n’a pas mérité ce qui s’ensuit. Entre une extrême-droite qui joue les victimes et une gauche qui se réjouit qu’elle en soit une ; entre une Marine Le Pen qui s’est disqualifiée toute seule et une gauche qui brandit l’État de droit pour dissimuler sa joie de voir tomber son pire ennemi, c’est la France qui, encore une fois, va pâtir de la moralité douteuse et de la médiocrité intellectuelle de toute la classe politique et de tout le personnel parlementaire, classe et personnel qui confisquent son présent et son avenir, et donc compromettent sa vie et obèrent son destin – rien que ça ! En fait, il apparaît nettement, dans le cadre de l’AO, que ce qui manque à la France, et de façon criante, c’est, d’abord négativement d’être débarrassée des factions, et ensuite positivement de retrouver de vrais partis, autrement dit d’être délivrée du Religieux le plus venimeux pour retrouver le Politique le plus scrupuleux. Car aujourd’hui, en France qu’observe-t-on ? Il faut ici discerner entre le milieu de l’échiquier et le centre du jeu. Au milieu de l’échiquier, la droite et le centre (ou le ventre, mou chaque fois que possible) ; au centre du jeu, la gauche (ou la « gôche », moche autant que possible). Et l’extrême-droite, demandera-t-on ? Elle ne tient qu’à cette gauche. Comment ? Au milieu de l’échiquier donc, la droite et le centre pro-Europe, cette Europe de la finance et des lobbies, de la corruption et du ruissellement, de la dérégulation et de la désindustrialisation, bref cette Europe prête à sacrifier sa propre civilisation au dieu Fric en faisant venir tout ce qu’il est possible de matériau humain à exploiter et à pressurer, sans se soucier du déséquilibre démographique ni de la mutation culturelle induite, avec toutes les tensions et les angoisses qui en résultent, pour ne pas dire les conflits et les phobies. Et donc au centre du jeu, la « gauche ». Mais quelle gauche ? La gauche : de quoi parle-t-on ? Si historiquement la gauche naît en 1789, elle a connu depuis lors tant de vicissitudes et de mutations qu’il est devenu très difficile de saisir le phénomène dans son ampleur et sa complexité. Cependant, sans perdre de vue tout ce qui constitue son épaisseur historique et sa profondeur conceptuelle, il apparaît assez facile, dans le cadre de l’AO, de fournir une définition relativement simple du concept ‘gauche’, et comme toujours en opposition avec ce qui constitue « la droite ». Alors que la droite est le Pouvoir, la gauche est l’Autorité ; alors que la droite ne fonctionne que par Injonctions, la gauche ne se base que sur les lois ; alors que la droite s’ancre dans le Religieux, la gauche s’ouvre sur le Politique – bref, alors que la droite sert l’intérêt des Dominants, la gauche a le souci des Dominés. La droite est donc à identifier au Système et la gauche à la République. Par où il apparaît que là où la droite se crispe sur le Même (« Que rien ne change parce que tout dans le Système est bon pour nous, les nantis »), la gauche cultive l’Autre (« Que tout mute afin que tous les citoyens de la République accèdent au progrès »). C’est qu’en fait la droite est le régime qui sert le Désir d’Avoir, de Pouvoir ou de gloire d’un seul ou de quelques-uns, alors que la gauche est le régime qui s’emploie à satisfaire les besoin vitaux de tous (dont la liberté) ; alors que la droite se préoccupe du prestige d’une poignée, la gauche a le souci exclusif de la dignité de chacun. En un mot, alors que la droite est oligarchie/ploutocratie, la gauche est démocratie. Donc, clairement, dans le cadre de l’AO, la gauche seule apparaît pouvoir assurer la vie de la République. Qu’en est-il aujourd’hui ? 1. L&#8217;Europe et la gauche. Premier constat évident et même criard : il n’y a pas de gauche dans l’Union européenne puisque derrière le bel écran – en fait le Mythe – des « Droits de l’homme et de l’individu », ou, pire encore, derrière le Mythe de « l’État de droit », se cache (à peine d’ailleurs, en tout cas de moins en moins) le capitalisme le plus débridé, à savoir les intérêts financiers des grands groupes et des grandes banques. Au niveau européen, aucune gauche ne vient contrecarrer la cupidité insatiable ni brider les comportements prédateurs des profiteurs de paix – lesquels n’hésitent pas à devenir des profiteurs de guerre à la première occasion (comme on le voit avec le (ré)armement de l’Europe face à Poutine). La situation est claire : face aux requins de la finance et aux hyènes du profit, les peuples européens ne peuvent compter sur aucune gauche pour défendre leurs intérêts et remédier aux souffrances qui ont nom chômage et déclassement. En l’absence de toute gauche européenne, c’est au seul niveau des Nations qu’une gauche peut se concevoir et s’affirmer – d’où l’idéologie anti-Nations et anti-États que professent les européistes pur jus. Mais alors, en France ? 2. La France et la gauche. Dans la France d’aujourd’hui, qui ne cesse pas d’être la France de 1789 mais aussi de 1830 et de 1848, mais aussi la France des Droits de l’homme et de la laïcité, mais aussi la France de la Résistance et de la Sécurité sociale, dans cette France si longtemps lumière du monde, est-ce que les classes populaires défavorisées peuvent compter sur une gauche soucieuse d’elles et de leurs intérêts ? La situation est malheureusement claire. Il est constant que la gauche d’aujourd’hui n’a que faire des classes populaires : elle ne s’intéresse plus qu’aux minorités – gauche non plus sociale mais sociétale. D’où vient ? comme on dit dans Marivaux. Pourquoi la dite gauche se désintéresse-t-elle de la majorité, aussi défavorisée soit-elle ? Pour deux raisons principales : d’abord parce que justement elle est une majorité ; ensuite parce qu’elle ne présente aucun trait victimaire. La gauche, la vraie, ne saurait l’être qu’en combattant le Pouvoir, donc les Dominants. Mais la gauche actuelle,]]></description>
		
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