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	<title>Analyse Ontologique</title>
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	<description>Analyse Ontologique par Joël Bienfait</description>
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		<title>LA GAUCHE CONFORT SUICIDE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Oct 2026 06:38:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
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					<description><![CDATA[LA GAUCHE CONFORT SUICIDE Note préalable. — Tous les mots graphiés, à leur première occurrence, avec la majuscule et soulignés en violet renvoient aux concepts de l&#8217;AO, dont les définitions se trouvent dans le glossaire. Au lendemain des deux journées désastreuses des 17 et 18 octobre, et à six mois des élections présidentielles, une question se pose avec plus d’urgence que jamais : pour qui voter ? L’AO, dénonçant tout Pouvoir au profit de l’Autorité, dénonçant les objets du Désir au profit des buts de la Volonté, ne peut qu’écarter un parti comme le RN, qui ne saurait qu’exercer le Pouvoir pour se replier sur le Même français, de même que les partis du centre, en particulier les macronistes, qui ne sauraient que persister, comme depuis dix ans, à n’exercer le Pouvoir que pour continuer à profiter abondamment de l’Avoir ou pour certains de la gloire. En un mot, l’AO ne peut que rejeter d’une part tous les partis qui n’ont aucun souci voire aucune idée de la République, étant au contraire des inconditionnels du Système où ils ne visent que le rôle de Dominants, et d’autre part tous les partis qui n’ont aucun souci voire aucune idée du Politique, étant au contraire des fanatiques sinon même des forcenés du Religieux, mondain en l’occurrence. Pour l’AO donc, ne reste qu’une possibilité : la gauche. Mais la gauche française aujourd’hui, qu’est-elle ? I. LA GAUCHE ET LE PRIVILÈGE. Il faut d’emblée constater chez elle le plus flagrant : sa très arrogante et même formidablement agressive bonne conscience. En effet, elle impose à toute la vie politique française cette idée qu’elle seule est légitime. Tout ce qui n’épouse pas sa ligne fait l’objet de sa part non pas d’une critique, non pas davantage d’une désapprobation mais bien d’une méprisante et belliqueuse sinon même fort vindicative condamnation. Il ressort de son discours que tout ce qui n’est pas elle au mieux s’égare, mais le plus souvent se livre aux pires turpitudes et prévarications en tous genres. Autrement dit, cette gauche considère qu’elle seule détient la vérité, et que du même coup elle seule est morale, elle seule est vertueuse. Bref, cette gauche revendique le Privilège du bien, mais non pas même en tant que dépositaire, ou gardienne, ou héraut, mais proprement en tant qu’incarnation. C’est dire que, confisquant vérité, vertu, morale et bien, et revendiquant implicitement une infaillibilité presque pontificale, cette gauche s’arroge une position qu’il faut dire très exactement divine. En s’attribuant le monopole du bien et en voyant tout ce qui se démarque d’elle et qui la conteste comme mauvais ou même comme démoniaque, elle se révèle n’être qu’une gauche qui n’a plus rien de politique mais qui est au contraire devenue religieuse en diable ! Est-il possible de voter pour une telle gauche ? En fait, cette gauche satisfaite et même presque amoureuse d’elle-même, cette gauche qui ne manifeste jamais aucune Volonté auto-critique et que le doute n’effleure pas un instant, est une gauche tout confort. Mais est-ce là tout ? Cette gauche est-elle seulement ce confort quasi divin dont elle se repaît ? II. LA GAUCHE ET LA HAINE. D’abord, il faut constater que cette gauche multiplie les déclarations les plus consternantes, en fait les plus stupides qui se puissent entendre souvent même jusqu’au sein de l’hémicycle. Que ce soit « La France blanche et chrétienne n’a jamais existé : c’est un fantasme d’extrême-droite » ou « Huit viols sur dix sont commis par des membres ou des proches de la famille ; il reste 2% pour les étrangers : c’est anecdotique », entre mille autres perles, la gauche apparaît s’être spécialisée dans la bêtise de haut vol sinon dans la connerie de première classe. Est-il possible de voter pour une telle gauche ? Ensuite, quand on entend les attaques qu’elle lance en permanence et tous azimuts, et le ton sur lequel elle les profère, il faut se rendre à cette évidence que cette gauche, à la propagande de laquelle on doit le très fameux slogan en forme de calembour « R-Haine », pratique elle-même la Haine à haute dose (la paille et la poutre !), et ce sous l’égide d’un chef qui arbore au plus haut le masque de la Haine et qui alimente abondamment la bonne conscience gauchiste de toute sa mauvaise foi intéressée. C’est dire qu’en fait, quant à cette Haine, non seulement la gauche la pratique mais elle y appelle autant qu’elle peut. Non contente que certaines de ses voix médiatiques ou que certains de ses aboyeurs y aillent à tour de bras dans l’attaque ad hominem (« L’agité du bocage ») ou l’animalisation (« Ce monsieur est un porc ! ») comme aux plus beaux jours des régimes totalitaires du siècle dernier ; non contente que certains de ses histrions ne reculent pas même de proférer tout haut sur les ondes, au milieu des ricanements complices et des applaudissements complaisants, les souhaits qu’une très opportune épidémie vienne tuer les leaders d’extrême-droite, cette gauche, qui fournit chaque jour les pires exemples d’indignité, donne en toute occasion et à corps perdu, bafouant cette liberté d’expression qu’elle brandit par ailleurs, dans cette pratique stalinienne entre toutes – le délit d’opinion – traînant en justice et obtenant de juges aux ordres de faire condamner tous ceux qui n’ont pas le même point de vue qu’elle (1) et s’offrant même le luxe de les faire passer ensuite pour des « repris de justice ». Bref, cette gauche, à l’indignité la plus grasse, ajoute la malhonnêteté la plus crasse. Est-il possible, ou seulement envisageable de voter pour une telle gauche ? Pourtant, il ne laisse pas d’y avoir plus grave encore – si c’est possible. III. LA GAUCHE ET LA VIOLENCE. En effet, ce qui vient d’être survolé là n’est que l’écume des choses, le vacarme folklorique d’un parti composé en grande partie d’enfants gâtés qui ne sont menés que par le Désir résolument servile de complaire à un chef qui de ce point de vue s&#8217;impose comme leur Scandale : si le RN ne vole pas haut, cette gauche rampe. Et c’est là ce]]></description>
		
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		<title>JOURNALISME OU POLITICAILLERIE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Oct 2026 06:25:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
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					<description><![CDATA[JOURNALISME OU POLITICAILLERIE Assurément, le coup porté au RN par Mediapart est des plus sérieux – car il s’agit d’un coup porté au parti à la flamme par le truchement de ces révélations sur son président Jordan Bardella bien plus que d’une attaque contre un individu. Assurément, ce parti que préside l’individu incriminé démontre une fois de plus sa médiocrité si ce n’est sa nullité par le type de défense adopté, Marine Le Pen ayant choisi le pire lors de son procès et qu’aucune leçon ne semble avoir été tirée de cette expérience puisque Jordan Bardella, niant tout en bloc, adopte à son tour la pire des stratégies. Assurément, Marine Le Pen, lançant aux accusateurs d’avoir à se munir de gilets en kevlar, démontre qu’elle est toujours aussi mauvaise – méchante et minable – qu’elle avait montré l’être il y a tantôt dix ans, lors du débat d’entre deux tours avec E. Macron. Assurément, que ces vérités apparaissent au grand jour n’est pas une mauvaise affaire puisqu’il n’est pas sûr, quand même le RN amènerait des éléments recevables quant au diagnostic du malaise certain voire du mal profond qui frappe la France, que les solutions qu’il préconise soient les bonnes ni même qu’elles ne figurent pas parmi les pires. Cependant, l’enjeu ultime puisque le seul intéressant restant justement l’avenir de la France, c’est sur un autre aspect de cette nouvelle péripétie médiatico-politique qu’il est sans doute intéressant de se concentrer. On connaît l’adage disant que, lorsque le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt ; en l’occurrence, peut-être est-il bon d’examiner ce doigt et est-ce là sinon le plus sage du moins ce qu’on peut faire de moins idiot. Ce doigt, donc, c’est Mediapart. Mediapart se présente comme un média d’investigation. D’aucuns estiment qu’en fait d’investigation, il s’agit plutôt d’inquisition, allant même jusqu’à parler de journalisme de fond de poubelles. Chacun appréciera. Quoi qu’il en soit, on peut rappeler quelques faits. Mediapart a consacré des dizaines d’articles à l’affaire du financement lybien de la campagne de N. Sarkozy de 2007 : très bien, travail indispensable – mais, entre mille autres, sur les sympathies cubaines et vénézuéliennes de certain chef d&#8217;un parti de « gauche », combien d’articles ? Que chacun recherche et les compte. Mediapart a consacré des dizaines d’articles au comportement de Patrick Bruel avec les femmes : travail sans doute moins indispensable mais très bien – cependant, sur Tariq Ramadan, pour les mêmes faits, combien d’articles ? Que chacun recherche et les compte. Mediapart révèle l’antisémitisme d’un responsable d’extrême-droite : très bien, fort bien – mais l’antisémitisme qui sévit maintenant à « gauche » et particulièrement dans le grand parti hégémonique qui domine et même écrase cette aile de l&#8217;échiquier politique, combien d’articles ? Que chacun recherche et les compte. On pourrait multiplier les exemples. Mais en l’espèce, il semble permis et même parfaitement légitime de s’interroger. Aller rechercher les propos d’un garçon de dix-sept ans et tenus dans un cadre privé pour disqualifier un homme de trente ans et ainsi atteindre le parti qu&#8217;il préside, aussi inqualifiables que soient ces propos et critiquable ce parti, est-ce là journalisme ou militantisme anti-RN, à savoir politicaillerie ? Il ne peut faire de doute, puisqu’aussi bien les propos attribués à Jordan Bardella ont plus de douze ans, que Mediapart gardait sa bombe au frais – ou au chaud (selon la saison) – depuis fort longtemps : pourquoi sortir l’affaire maintenant, au début de la campagne des élections présidentielles ? Journalisme ou politicaillerie ? Médiapart lance la bombe et annonce que les preuves seront produites ensuite. Pourquoi pas les faits et les preuves en même temps ? Pourquoi ce feuilletonnage ? Journalisme ou politicaillerie ? Quant à ces « preuves », la méthode employée pour les obtenir, journalisme ou politicaillerie ? Certains considèrent Mediapart comme la voix médiatique de LFI. Chacun peut se faire une opinion. En tout état de cause, il n’est pas difficile de constater que le parti et le média fonctionnent de la même façon. De même qu’à LFI, on est moins soucieux de dire la vérité que de veiller à ne pas déplaire au gourou Mélanchon, à Médiapart on a moins le souci de décrire le réel que celui de complaire au gourou Plenel – Edwy Plenel dont l’islamo-gauchisme, de Septembre noir à Tariq Ramadan, n’est plus à démontrer. Journalisme ou politicaillerie ? Ceci posé, il est nécessaire de prendre un peu de hauteur. L’AO a pour but premier de dénoncer tous les Pouvoirs (1) au profit de l’Autorité. Dans cette perspective, comme le seul enjeu véritable, encore une fois, est l’avenir de la France, s’il apparaît impossible de s’en remettre au Pouvoir du RN, il apparaît plus impossible encore de se mettre dans les mains du Pouvoir de LFI. Autrement dit, s’il apparaît impossible de se mettre dans les mains de la possiblement (ou soi-disant) fasciste Marine Le Pen, il apparaît plus impossible encore de s’en remettre à LFI et de confier le destin du pays – ou les clés de la maison – au très stalinien Jean-Luc Mélanchon. Or, quand Mediapart braque les projecteurs sur l’antisémitisme de J. Bardella, de même quand une autre journaliste d’investigation, Caroline Fourest, passe une demi-heure (sur LCI le mardi 29. 09) à lister les accointances du même Bardella avec toute une frange d’antisémites avérés, il apparaît, dans le cadre de l’AO, que se trouve évacuée la seule question intéressante, celle qui se pose pourtant de façon aussi flagrante qu’urgente puisqu’il s’agit de voir si la France va se confier à un Pouvoir ou à une Autorité, à savoir : pourquoi y a-t-il onze à treize millions de Français qui votent RN – POURQUOI ? Mediapart, au lieu de donner dans la politicaillerie de la dénonciation, pourrait faire de la politique – ou au lieu de se cantonner dans le Religieux inquisitorial pourrait se hisser au niveau du Politique. Comment ? En mettant au jour les raisons de ce vote massif pour le parti d’extrême-droite, c’est-à-dire en mettant en évidence les raisons du désespoir de cette énorme partie de l’électorat qui la pousse vers –]]></description>
		
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		<title>LA GAUCHE RELIGIEUSE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 09:31:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[droite]]></category>
		<category><![CDATA[gauche]]></category>
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					<description><![CDATA[LA GAUCHE RELIGIEUSE Il y a cinquante ans, du temps de ma jeunesse, être de gauche était une opinion ; aujourd’hui, alors que j’aborde la vieillesse, être de gauche est devenu une Injonction. Avant, être de gauche relevait d’une sensibilité qui, parmi toutes les autres, disait : « Voilà comment je vois les choses – et vous ? » ; maintenant, être de gauche participe d’une aridité qui, au-dessus de toutes les voix, assène : « Si tu n’es pas de gauche, tu es un crétin ou une ordure – au choix ! » La gauche d’antan était la gauche justement parce que, réclamant et donc préconisant la liberté d’expression, donnait voix à toutes les opinions et faisait droit à toutes les revendications ; la gauche d’aujourd’hui refuse la liberté d’expression à tout ce qui n’est pas elle et ne reconnaît aucune légitimité à la divergence et plus encore à la contestation. La gauche à l’ancienne prônait et pratiquait le débat ; la gauche actuelle promeut et nourrit l’affrontement. La gauche de l’échange s’est vue supplanter par la gauche du conflit. La gauche de la vision et de la proposition a dû céder la place à la gauche du dogme et de l’anathème. La gauche de Jaurès a été évincée par la gauche de Staline. Comment peut-on qualifier cette gauche dans le cadre de l’AO ? La gauche d’aujourd’hui prétend définir et confisquer toute morale : « La vérité, c’est nous ; le bien, c’est nous ; la vertu, c’est nous ! » Elle fonctionne même sur un a priori à peine sous-entendu : « Nous, on ne peut pas errer ni faillir puisqu’on est la gauche ! » ou, pour le dire en termes plaisants ainsi que la situation n’y invite guère : « Y’a qu’nous qu’on est beaux ! Y’a qu’nous qu’on est bons ! » De toute évidence, cette gauche, occupant un sommet qu’elle décrète imprenable, institue un Système où elle accapare bien sûr le rôle de Dominant. Pire ou plus précisément, proclamant détenir voire incarner la vérité dernière et donc être rigoureusement infaillible, elle adopte à toutes forces une position résolument divine. C’est ainsi que cette gauche s’arroge le droit, droit qu’elle fait passer pour un devoir – le devoir moral qu’elle brandit comme étant son identité même – de juger, de condamner et même de damner : elle n’examine jamais, elle exécute ; elle n’a cure d’analyser, elle mortifie ; elle a oublié de qualifier, elle crache, elle insulte et elle écrase. Cette gauche n’a plus aucune idée de ce trait qui faisait la gauche même face à toutes les droites, à savoir l’Autorité, ne procédant plus que par tous les moyens du Pouvoir. Bref, cette gauche qui excommunie et anathématise, cette gauche qui méprise et qui conspue, cette gauche qui se targue et qui impose, cette gauche qui ne recule pas de se pincer le nez devant l’adversaire ou de le traiter de porc jusque dans les couloirs de l’Assemblée, cette gauche qui a de toutes les façons et sur tous les modes trahi la gauche – cette gauche s’est retirée du Politique pour ne se mouvoir plus que sur le champ du Religieux. René Girard pensait que le christianisme a fondé ce qu’il n’aurait jamais dû fonder, à savoir une « culture » – mot par lequel il désignait un Système. De la même façon, il apparaît que la gauche est devenue ce qu’elle n’aurait jamais dû être : le parti du Religieux. Alors que la gauche politique est par définition le parti qui n’a pour boussole que l’intérêt général, la gauche actuelle a opté pour ce qui détermine et informe le Religieux, à savoir le Désir. Le Désir, comme toujours, se reconnaît à ses trois objets : même si l’Avoir ne s’impose peut-être pas au premier chef, Pouvoir et gloire sont au contraire très flagrants respectivement dans l’islamo-gauchisme et le wokisme, puisque la gauche actuelle ne voit aucun inconvénient à approuver les islamistes quand ils font passer leurs Injonctions religieuses avant les lois républicaines et à encourager tout un chacun, confondant fierté et vanité, à se « faire une gloire » d’être ce qu’il est – là où la gauche politique n’a à son programme que le respect, respect des lois et des personnes. Dans le cadre de l’AO, il faut le constater, aussi amer que soit le constat : le naufrage de la gauche est total. Naufrage parce que cette gauche – gauche religieuse en ce qu’elle prétend ne jamais se tromper– passe son temps à nous tromper. Ayant totalement délaissé cette part de la société à laquelle elle s’identifiait jadis, à savoir les classes populaires, elle ne se fait dorénavant le porte-voix que des « minorités » (les racisés, les exclus, etc.). Alors que la gauche politique n’œuvrait qu’à l’égalité et à la justice, à avoir à instituer une relation horizontale entre tous les citoyens appelés en tant que tels à élaborer les lois de la République, la gauche religieuse, dénonçant la relation verticale de Pouvoir de quelques-uns sur le grand nombre, au lieu de neutraliser cette Verticale, se contente de l’inverser en faisant des « opprimés » les « oppresseurs ». Cette gauche religieuse, qui passe tout son temps à dénoncer les situations de domination, au lieu de dissoudre toute domination, fait des anciens Dominés les nouveaux Dominants. Peut-on tromper davantage ? Contrairement à la gauche politique qui avait pour adversaire les religions puisque celles-ci sont par définition des Systèmes, c’est-à-dire qu’elles n’obéissent qu’à la logique du Pouvoir, cette gauche religieuse n’a que complaisance pour la religion – ou plus exactement, c’est-à-dire plus scandaleusement, a pour ennemi la religion catholique, celle des « blancs », et se fait le flagorneur servile (le pléonasme n’est pas de trop) de la religion islamique. Cette bassesse ne se voit jamais si bien qu’à propos du voile : ce signe d’asservissement des femmes est présenté – bel exemple de Mythe par inversion ! – comme l’expression de leur « liberté ». Peut-on tromper davantage ? Voilà beau temps que la gauche religieuse n’a pas de mots assez forts ou même assez purulents pour fustiger le « populisme » de cette droite qu’elle extrêmise à outrance. Mais est-ce que son leader, lorsqu’il proclame la « Nouvelle France », lorsqu’il déclare lui « laisser les clés de la maison » ou encore que la vieille France]]></description>
		
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		<title>L&#8217;EFFET MÉLENCHON</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 16:38:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;EFFET MÉLENCHON &#160; Ce qu’on appelle aujourd’hui la « gauche » est confisquée, phagocytée, dominée, écrasée, et de ce fait altérée, gangrénée, contaminée par un personnage remarquable, considérable à bien des égards et qu’il faut bien appeler par son nom puisqu’aussi bien on ne lui en connaît pas d’autres : Jean-Luc Mélenchon. Pour qui veut bien ne pas considérer le personnage à travers les espoirs qu’a toujours suscités la (vraie) gauche ni au prisme de l’idéologie progressiste dont celle d’aujourd’hui s’affuble et s’attife de tout son zèle bien-pensant, JLM se signale à l’attention par une furieuse tendance – pour ne pas dire par une furie tendancieuse – à tenir un discours qui ne laisse pas de laisser pantois tout un chacun, du quidam quelconque à l’homme de bonne volonté, du premier venu au dernier des Mohicans. Pour se faire une idée précise de l’effet que peut produire l’individu Mélenchon, il suffit de rappeler trois points, points par lesquels il s’est illustré avec un relief agrémenté des teintes les plus vives et des rehauts les plus drus. PREMIER POINT. — Un beau jour ou par une sale journée, le jeune Nahel, 17 ans et à son actif toute une belle panoplie de délinquant juvénile et précoce, trouve la mort au volant de sa voiture sous les balles d’un policier. JLM ne se demande pas comment il pouvait se faire qu’un si jeune homme se trouvait conduire une voiture (et quelle voiture !) ; JLM ne veut pas savoir les circonstances dans lesquelles le drame a eu lieu, en l’occurrence un contrôle de police et un refus d’obtempérer ; JLM n’a cure des conditions effroyables dans lesquelles opèrent maintenant les forces de l’ordre. JLM se contente d’une déclaration, lapidaire et calibrée : « La police tue. » Autrement dit, JLM d’abord décide que ce policier a été animé de l’intention de tuer, c’est-à-dire qu’il en fait un assassin ; ensuite, il assimile tout un corps de métier à un seul de ses représentants ; enfin il décrète que ce corps tout entier est à l’image de ce représentant et donc qu’il est constitué tout entier d’assassins. Et pourquoi ? Parce que la jeune victime appartient à la communauté des « racisés » et que JLM compte sur elle pour voter en sa faveur. DEUXIÈME POINT. — Un beau jour ou par une sale journée, un jeune musulman est égorgé dans la mosquée où il travaillait et où ce jour et à cette heure-là il faisait sa prière. Cette fois, JLM décide de ne pas prononcer un mot. C’est qu’en effet il a trouvé beaucoup mieux. Il se joint au cortège qui défile en mémoire de la victime, et là, que fait-il ? Il pleure. Oui, mesdames et messieurs ! Il pleure, en direct, de face et en gros plan ! Il verse des larmes que captent en haute définition toutes les caméras nationales, journalistiques et privées. Pourtant, mesdames et messieurs, que l’on sache, l’année précédente, c’est un prêtre, un prêtre catholique qui a été, de la même façon, égorgé, et dans son église même (avec du reste deux autres victimes, deux femmes, assassinées de la même façon). A-t-on vu alors JLM pleurer en direct, de face et en gros plan ? Avez-vous vu, mesdames et messieurs, JLM verser des larmes qu’auraient pu capter en haute définition toutes les caméras nationales, journalistiques et privées ? Que nenni ! Et pourquoi ? Parce que « SA » victime était un noir musulman et l’autre un blanc catholique, à savoir que l’une était une « bonne » victime et l’autre une victime sans intérêt. Et pourquoi bonne la première ? Parce que « racisée » alors que l’autre appartient à la communauté « raciste, racisante et racialiste » – et parce que JLM, indifférent au fait que le sang d’une victime est aussi rouge que celui de l’autre, ne compte plus que sur les communautés « racisées » pour voter en sa faveur. TROISIÈME POINT. — Cette fois, JLM reprend la parole. Après avoir lancé, quelque temps auparavant, aux communautés africaines : « Venez, non mais venez, en masse : on vous laisse les clés de la maison » (parce qu’il ne coûte rien à JLM de donner une France qui ne lui appartient pas puisque, juusqu’à nouvel ordre et plus ample informé, elle appartient au peuple français) – eh bien après ce don généreux et gratuit, JLM déclare, cette fois à l’adresse de la communauté dite des Français de souche, communauté que la très médiatique et radicale Houria Bouteldja appelle « les souchiens » (les amateurs de calembours du genre “R-haine” apprécieront celui-ci) JLM donc lance : « Voilà le Grand Remplacement ! Une génération remplace l’autre. Votre génération va devoir laisser la place à la nouvelle. C’est comme ça depuis la nuit des temps. Vous pouvez protester : vous avec déjà perdu. » D’aucuns ont fait remarquer que l’expression « Grand Remplacement », alors qu’elle a valu à son concepteur, Renaud Camus, d’être interdit de médias, et à tous ceux qui l’ont reprise, comme Éric Zemmour, une désapprobation valant condamnation, celle-ci étant parfois prononcée par la justice, cette expression donc, dans la bouche de JLM, devient non seulement légitime mais y acquiert un statut de parole d’évangile pratiquement sacrée, revirement qui permet de crier au « deux poids deux mesures » ! C’est pourtant sous un autre angle qu’il faut peut-être considérer le propos. En effet, Renaud Camus vise le phénomène historique de remplacement d’une population par une autre alors que JLM vise le phénomène naturel de la génération des grands-parents remplacée par celle des parents, laquelle est à son tour remplacée par celle des enfants, et ainsi de suite. Mais c’est justement là qu’on peut voir éclater la malhonnêteté de JLM. En effet, il utilise le remplacement naturel comme un Mythe, à savoir qu’il en fait un écran derrière lequel il dérobe et dissimule le remplacement démographique, ou le fait que la génération qu’il a Désir de voir remplacer l’ancienne ne sera pas engendrée par celle-ci, ou que le remplacement ne sera pas le passage d’une génération à la suivante à l’intérieur du même peuple mais celui d’un peuple par un autre. Et pourquoi cette Mythification ? Parce que JLM déclare désirer]]></description>
		
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		<title>EFFACEMENT ET DÉPASSEMENT (1)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 14:50:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[EFFACEMENT ET DÉPASSEMENT (1) L’AO est tendue vers la réalisation de l&#8217;Être. « Je suis » est son programme. Mais c’est là bien plus que « J’existe ». Une pierre existe, une plante existe, un animal existe mais jamais ni la pierre, ni la plante ni même l’animal n’atteindront à l’Être, celui-ci étant identifiable à un niveau de conscience. Seul l’humain peut accéder à l’Être parce que seul, dans l’existant, il atteint un niveau de conscience tel qu’il est apte à (se) dire « Je suis », c’est-à-dire à être conscient d’être conscient – ce que Teilhard de Chardin appelle « conscience réflexive ». Et encore est-ce là bien loin d’être suffisant pour toucher à l’Être : c’est tout juste une condition. L’Être en effet doit se concevoir pour l’individu comme un accomplissement de soi-même qui ne peut être atteint qu’au terme, s’il en a un, de ce cheminement que l’AO appelle « Processus » . Dans l’idéal, il s’agit de parvenir à une parfaite transparence de soi-même à soi-même et à la Loi, à toute la Loi, c’est-à-dire à la capacité devenue totalement sereine de dépasser le Désir – ce que l’AO appelle « Ascèse » – et d’accepter voire d’aimer le nécessaire qui est aussi l’inéluctable, à savoir aussi bien la solitude ontologique que la mort : « Je ne peux compter que sur moi » et « Étant vivant, je mourrai un jour ». En la matière, pas de course ni de concours, y compris avec soi-même : seulement la Volonté, reconduite à chaque seconde, d’aller toujours un pas plus loin, toujours un peu plus haut. « Je suis » donc. Mais pour être capable de se le dire en donnant à la formule toute la profondeur et l’épaisseur ontologique qui seules peuvent conférer à la formule tout son sens, encore faut-il savoir où l’on est, et même où l’on en est, autrement dit être totalement conscient de tout le chemin parcouru, de toutes les étapes traversées, de toutes les épreuves surmontées. Cette vision, plus que globale, totale, implique pour ne pas dire impose de garder conscience, pour commencer, de son lieu d’origine – l’Horizontale, la base sur laquelle on a pris appui pour faire son premier pas, le terreau dans lequel on a puisé la sève qui a sans cesse alimenté cet élan dont l’Être est tout entier constitué. Ce terreau est identifiable à la fois à une géographie et à une histoire : il est un « quelque part » qui est en même temps un « à cette époque ». Bref, ce terreau d’origine est une culture ou une civilisation parmi toutes les autres, chacune de ces cultures ou de ces civilisations étant rigoureusement irréductible à toute autre – une Différence, collective en l’occurrence. Si l’individu sort d’un terreau et s’il prend appui sur une terre qu’il partage avec tous ceux de sa communauté, aussi étroite ou étendue que soit celle-ci (foyer, cité, province, nation, continent, planète), l’élan, qui est l’addition toujours en cours des instants dynamiques de la Volonté, est l’affirmation d’une personnalité particulière, rigoureusement irréductible à toute autre – une Différence, individuelle celle fois. Libre à chacun d’aller où l’appelle son aspiration ontologique ou son exigence d’Être, mais on ne voit pas que personne puisse venir de nulle part, qu’il soit possible, pour quiconque, de surgir au monde ex nihilo, sans ascendance ni appartenance : tout individu se reconnaît à – et surtout se reconnaît dans – ne serait-ce qu’une langue. Est-il possible de penser « Je suis » en dehors de la langue même qui sert à le dire ? Est-il possible même de se penser (« Je pense, donc je suis ») et de penser le monde (« Je suis, donc le monde est ») indépendamment de la langue au sein et par le génie de laquelle on est parvenu au niveau de conscience permettant de (se) le formuler ? Or la langue est un phénomène historique, inséparable d’une géographie. Dès lors, pour tout individu humain – pour tout individu de pensée – cette langue est essentielle car consubstantielle à son Être : maternelle elle est une culture, paternelle elle est une patrie. Pierre a beau protester à trois reprises ne pas connaître Jésus : son accent trahit en lui le galiléen, et rien ne pourra jamais faire qu’il ne soit plus ou n’ait jamais été galiléen, même le temps d’un instant de panique. Autrement dit, on ne voit pas que quiconque, aussi urgemment qu’il le désire ou aussi haut même qu’il le proclame, pas plus qu’il ne peut s’y arracher, puisse procéder à l’effacement de sa propre Horizontale. Pour le dire avec Simone Weil (SW), tout humain de même que tout peuple n’existe au monde que par un « enracinement ». ENRACINEMENT Pour développer la thèse qui commande l’ensemble de cet article et que sous-tend l’idée d’ « enracinement, je vais m’appuyer sur le livre d’Amaury Giraud (AG). A priori, rapportée à une créature aussi mobile ou à un nomade aussi infatigable que l’humain (les grandes invasions, les grandes découvertes, la conquête spatiale), l’idée d’enracinement peut paraître paradoxale, contre-intuitive voire antinomique jusqu’à l’aberration. Et pourtant… L’AO, puisqu’elle ne sait que la Loi, puisqu’elle base tout sur l’Horizontale, puisqu’ainsi elle intègre dans son principe premier l’enracinement, comment doit-elle concevoir celui-ci dans son cadre, sous quelles formes peut-elle le voir se manifester et se concrétiser ? Pour cette entité engagée dans l’aventure ontologique qu’est l’individu humain, il ne semble pas qu’il puisse y avoir rien d’autre pour l’enraciner, donc pour lui donner consistance aussi bien charnelle que spirituelle, que ce qui vient avant lui, ce qui le précède et peut-être l’anticipe, le pousse ou le propulse, ce qui le porte aussi bien qu’il le porte, par le canal justement de sa langue, aussi inconscient qu’il puisse en être : l’histoire. Pour SW, « apôtre de l’héritage culturel, parmi tous les besoins de l’âme humaine, il n’y en a pas de plus vital que le passé » (AG). Mais où, comment se saisir de ce passé ? Toujours selon SW, c’est la collectivité seule qui « constitue l’unique organe de conservation pour les trésors spirituels amassés par les morts,]]></description>
		
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		<title>EFFACEMENT ET DÉPASSEMENT (2)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 14:12:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
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					<description><![CDATA[CONSERVATISME C’est ici le lieu de citer le titre aussi oxymorique (apparemment) qu’alléchant ou au moins stimulant, de l’ouvrage d’Amaury Giraud (AG) : « Penser le conservatisme à gauche » (Le Bord de l&#8217;Eau, 2024) Attendez, conservatisme, conservatisme… J’ai bien entendu ? Les oreilles ne me déraillent pas ? Je n’ai pas l’ouïe qui me délire ou la cervelle qui me divague ? Vous avez bien dit « conservatisme » ? Il a bien dit « conservatisme ». Ciel ! Horreur, enfer et damnation ! Conservatisme ! Mais malheureux, mais mon pauvre ami, mais vous rendez-vous compte que « conservatisme » confine à « réactionnaire » et « réactionnaire » à – oui, pardon de vous le dire mais ayons le courage de nommer les choses &#8211; « réactionnaire » confine à « fascisme » ? Oui, vous m’avez bien compris, ne faites pas semblant ou comme si ! Fascisme, rien de moins et essayez voire de trouver plus ! Eh bien oui, j’ai dit « conservatisme ». Comme AG, je l’associe à « gauche », et je ne vois pas pourquoi il me serait interdit d’aggraver mon cas en citant également le sous-titre de son ouvrage : « Entre socialisme antimoderne, populisme démocratique et critique du progrès ». Dès lors, en effet, je revendique de m’inscrire en faux, et encore une fois de tout mon Athéisme et de toute ma conviction anti-Religieux, contre l’effacement des racines judéo-chrétiennes et gréco-latines de l’Europe dans son ensemble et de la France en particulier. C’est en quoi l’AO s’inscrit plus profondément encore dans la lignée de Proudhon qui, selon AG, estime qu&#8217; « un révolutionnaire ne peut pas être un iconoclaste enragé » mais qu’il doit être au contraire « un perpétuateur, un continuateur, un passeur de mémoire de la tradition révolutionnaire commencée par les Chrétiens des premiers siècles », ces chrétiens qui selon lui «  étaient des hommes de conservation ». Jean Jaurès (JJ) pour sa part, toujours selon AG, « entend concilier l’esprit révolutionnaire, la tradition et la continuité historique », et en particulier, il ne manquait pas d’affirmer que « le christianisme est l’un des éléments de notre formation. » Il allait plus loin en déclarant que « le prolétariat ne sera pleinement affranchi du préjugé religieux que lorsqu’au lieu d’outrager le christianisme, il lui fera sa place dans l’histoire, comme à une partie du mouvement de l’esprit humain. » Philippe Ariès (PA) quant à lui se prononce résolument pour « un conservatisme élémentaire et salvateur », tandis que Denis Collin (DC) y voit « un des aspects de l’esprit révolutionnaire » ou affirme qu’ « il y a des raisons révolutionnaires pour être conservateur. » AG ajoute que ce « socialisme à la fois républicain et conservateur dont se réclame DC » est associé par ce dernier à une défense de la « culture occidentale » laquelle est « marquée par les apports à la fois romains, helléniques et judéo-chrétiens », et par ailleurs une culture occidentale qui doit être « entendue comme une culture de la liberté et de l’émancipation. » Il apparaît donc possible sinon inévitable de relier christianisme, gauche et patrie. C’est dans cette perspective qu’il faut entendre le slogan du parti de gauche espagnol Podemos selon qui « Une patrie, c’est une communauté dont on prend soin. » De plus, selon le leader de cette formation, Inigo Errejon, il faut « rallier le peuple à la cause d’un “populisme démocratique” » car selon lui, « sans transcendance, il n’y a pas de société. » C’est ainsi retrouver la Transcendance vraie et apercevoir mieux encore que sans elle, il faut renoncer au Politique ou à toute société entendue comme la République, et même affirmer que la Transcendance fausse, puisqu’étant celle du Système, est anti-société autant qu’il est possible. En effet, s’il est bien vrai que la religion tient ensemble Dominants et Dominés, elle ne le fait que par l’Injonction, laquelle ne fait qu’exacerber la Haine sévissant non seulement entre le haut et le Bas de la Hiérarchie mais à tous les étages puisque brandissant devant le Désir de tous son objet majeur qu’est le sommet du Système. À ce titre, la Transcendance fausse est le ferment de toute guerre civile. Il s’impose donc que rien n’est plus politique que de prôner le conservatisme. Cependant, s’impose ce qu’AG appelle « la dimension péjorative que recouvre, dans le champ des sciences humaines, le qualificatif de “conservateur”». Il faut donc bien entendre ‘conservatisme’ non pas, comme le dit toujours AG, «  au sens d’un passéisme rigide souhaitant un retour aux hiérarchisations rétrogrades des anciens régimes, mais d’un impératif de la préservation, de la protection et de la sauvegarde des spécificités sensibles et culturelles de mondes populaires inscrits dans un espace temps déterminé dont la globalisation économique bouleverserait les équilibres. » C’est ainsi réévaluer l’héritage soi-disant révolutionnaire de Mai 68, mouvement que le “conservatisme de gauche” considère, selon AG, « comme le triomphe des individualismes libertaires contre les communautés de destin politique et contre toute forme d’enracinement socio-culturel. » Il apparaît dans le cadre de l’AO qu’avec l’objectif l’abolir le Pouvoir, Mai 68 a également rejeté l’Autorité, ouvrant ainsi la porte au pire danger qui menace aussi bien l’individu que la collectivité : le Désir. Si, d’une façon générale, le Désir, impliquant que tous sont Rivaux pour les mêmes objets, est la guerre de tous contre tous, il se manifeste dans la France et l’Europe d’aujourd’hui, entre autres mais très haut, par cet objet étrange qu’est l’effacement, effacement des racines, effacement du passé, effacement de l’histoire. Dès lors, la question qui se pose est bien sûr : pourquoi ? Pourquoi, au centre et à gauche, ce Désir d’effacement ? La réponse cliquète partout dans le paysage politico-médiatique, mais surtout à gauche : par souci de non-discrimination. Dans la France et l’Europe d’aujourd’hui, l’attitude la plus diabolique qui soit est la discrimination. Mais qu’est-ce à dire ? De toute évidence, c’est ainsi poser le problème de l’immigration. L’Europe accueillant sur son sol toujours plus d’immigrants, la “gouvernance” morale (?) européenne, que répercutent la droite libérale et la gauche humaniste, impose cette idée qu’il convient de nettoyer voire de récurer le cadre politico-idéologique dans lequel arrivent les immigrés, c’est-à-dire d’extirper toutes les références historiques et culturelles qui, de fait, excluent ces arrivants puisqu’eux-mêmes, par définition, en portent et en apportent d’autres dans ce qu’on peut appeler leur bagage ontologique :]]></description>
		
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		<title>EFFACEMENT ET DÉPASSEMENT (3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 14:10:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[LA GAUCHE ABSOLUE Ironie (douloureuse) mise à part, reste d’être sérieux et d’analyser, c’est-à-dire de dépasser la polémique simpliste et stérile. En l’occurrence, il s’agit de parfaire l’entreprise déjà engagée dans les quelques articles précédents, à savoir de régler son compte à la « gauche » ou à la « gôôôôche ». C’est évidemment la gauche telle qu’elle se présente aujourd’hui, telle qu’elle se proclame être la gauche, telle qu’elle se gargarise de son identité de gauche, de son statut de gauche, de sa pureté de gauche, de son exclusivité de gauche – c’est cette gauche qui me pousse à empoigner l’étiquette, ou plutôt l’écriteau, la pancarte, le drapeau, l’enseigne, la bannière, l’étendard, l’oriflamme, le gonfanon, le calicot, et à secouer la chose comme un prunier ou comme un cocotier pour qu’en tombent tous les gadgets dont elle s’enguirlande la frondaison afin de voir ce qu’ils ont dans le mécanisme et dessous les rouages. Cette gauche, sans même le dire et finalement en ne l’affirmant pas si haut ni si souvent, est établie sur un principe aussi simple qu’exorbitant, et qu’elle transpire de partout, d’abondance et à tous coups : « Nous, et nous seuls, au milieu de ce monde pourri de droite et d’extrême-droite, nous sommes le bien, nous sommes la vertu – nous sommes la vérité. » L’AO se situe aux antipodes de cette gauche puisqu’elle se base quant à elle sur un principe simple, avec un corollaire qui l’est tout autant : « Voilà un point de vue. Quel est le vôtre ? » Ou : « Voilà une façon de voir. Qu’en pensez-vous ? » Alors que cette gauche est un dogme invétéré qui ne souffre pas discussion, l’AO est une conviction argumentée qui appelle le débat. Cette gauche impose un absolu ; l’AO revendique un relatif. Cette gauche s’arroge une position (fort) divine quand l’AO assume une position (très) humaine. L’AO, assumant la précarité à la fois ontologique et intellectuelle de son point de vue, ne peut se reconnaître dans la gauche tout confort qui, se réservant la position divine, détermine et en fait se fabrique un diable (le RN dans le champ politique et le groupe Bolloré dans le champ médiatique) sur le bon dos duquel elle se décharge de ses propres noirceurs et mochetés, s’autorisant ainsi à se réserver et à se réclamer d’une innocence sans failles – la technique, vieille comme le monde c’est-à-dire vieille comme le Religieux – du bouc émissaire (lire et relire René Girard). Qu’est-ce ainsi qui se profile ? George Orwell (GO) brocardait la gauche socialiste de son temps parce qu’elle avait « l’œil rivé sur le fait économique » et qu’elle agissait « comme si l’âme chez l’homme n’existait pas ». La gauche d’aujourd’hui n’a peut-être plus l’œil rivé sur l’économique, lequel ne lui est plus que subsidiaire, mais il est sûr qu’elle a remplacé l’âme de l’humain par la moral(in)e de la secte, c’est-à-dire la conscience par la bonne conscience, laquelle bonne conscience n’est jamais que l’envers de la mauvaise, cette mauvaise conscience qu’elle se dissimule à elle-même par ses démonstrations généreuses et son ostentation magnanime. « Nous seuls sommes le bien » est un principe qui pourrait presque prêter à (sou)rire s’il ne comportait un corollaire : « Si vous n’épousez pas intégralement notre ligne, vous êtes (au mieux) un malade ou un égaré, (au pire) un ignare ou un pervers (pour rester poli parce qu’il n’est pas interdit, dans la logique du dérapage savamment incontrôlé, d’aller jusqu’à « ordure » sinon « gros porc » ou « sale pourri »). Il faut ici suivre Alain Finkielkraut (AF) : « Le mal totalitaire découle de la certitude d’appartenir au camp du bien. » En fait, la gauche est tout entière en proie au Scandale qui est le déni même de l’âme, son pire ennemi. De quoi s’agit-il ? Dans le cadre de l’AO, il ne peut y en avoir qu’un : si le mal peut être assimilé au Désir, c’est dans son objet majeur qu’il faut le saisir. Quel est-il ? Il tient en trois mots : « Moi ! Moi ! Moi ! », et il se résume en un seul : l’individu. Non pas l’Individu, lequel est tout entier voué à l’intérêt général au sein de la République dont il se veut un citoyen mais bien le Comparse qui n’est obsédé que par son intérêt particulier au sein du Système dont il se désire un Dominant ; non pas l’Individu qui ne conçoit que la solidarité dans la logique du Politique, mais l’individu-(petit)dieu qui ne voit que soi dans la logique du Religieux. Encore une fois, soit l’Individu soit le Comparse, autrement soit le citoyen qui enrichit la République de tout l’Être qu’il acquiert au long de son Processus, soit le Comparse qui se conçoit lui-même comme un Système dont il serait le Dominant. C’est aux Comparses et aux groupes identitaires qui les fédèrent souvent que la gauche apporte son soutien inconditionnel, agressif et monomaniaque. Alors que l’AO n’en appelle qu’à la Volonté, cette gauche ne flatte que le Désir, toujours le Désir, le Désir tout puissant de l’individu ou des minorités. Or la gauche professant, avec cette anthropologie du Désir, un individualisme forcené, il faut se demander s’il ne s’agirait pas là du plus sûr moyen de précipiter le naufrage de la communauté. En effet, où mène l’individualisme ? Marcel Gauchet (MG), s’il voit dans la sacralisation moderne de l’individu (l’AO parlerait plutôt de sanctification car le Saint n’est pas le Sacré) une chance démocratique, il y détecte également un risque de déviance vers l’individualisme narcissique, lequel peut toujours devenir une sorte de tyrannie, celle de « l’individu hyper-contemporain » ou du groupe dans lequel il réfugie sa rancœur. En effet, soit l’Individu est voué de toute sa Volonté à la Transcendance vraie du « nous » en lui apportant sa Différence, soit l’individu est possédé de tout son Désir par la Transcendance fausse du « Moi/groupe » dont il fait une Distance. Si la Différence est le principe même de l’Autorité, la Distance est celui du Pouvoir. Ce Pouvoir peut s’exprimer de deux façons : se faisant narcissisme, soit ce narcissisme est celui d’un (peudo) Être qui est à lui-même son propre Scandale et le Comparse ne désire rien (sa)voir d’autre que soi ; soit ce]]></description>
		
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		<title>EFFACEMENT ET DÉPASSEMENT (4)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 14:09:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[LA GAUCHE ET LE PEUPLE Cette gauche se moque comme d’une guigne du vote populaire : elle ne reconnaît que le vote de gauche ; elle n’a que faire des aspirations populaires : elle ne valide que le Désir de gauche. Cette gauche méprise le peuple , se vouant à la déification des victimes, avec une préférence marquée pour l’individu venu d’ailleurs et les minorités transplantées. Cette gauche a substitué au souci du peuple la pitié du migrant. Cependant, cette pitié hautement affichée et pratiquée sur le mode tonitruant et la main sur le cœur a toutes les chances d’être un Mythe puisqu’elle dissimule la violence, ou plutôt la double violence commise à l’égard du peuple de France et à l’égard des immigrés de tous bords. On ne peut ici que rejoindre Michel Clouscard (MC) : « La compassion est devenue le visage humain du mépris. » De même, JPC parle du mépris social qui frappe les classes populaires, et il souligne la part prise dans l’évolution de la gauche quant à ce phénomène. Il est trop évident que cette gauche ne peut plus revendiquer la démocratie à laquelle elle s’identifiait jadis – mais pas naguère encore puisque c’est avec le socialisme opportuniste– et complice de la droite – de F. Mitterand que tout a basculé. En effet, c’est Mitterand qui, dès 1983, a vendu la France aux marchés. Les marchés ! L’idéologie si ce n’est la religion de l’Avoir. De Tonton à Macron (de la gauche caviar des années 80 à la gauche de droite que dénoncent certains aujourd’hui) règne cette idée que le marché, c’est le ruissellement, la prospérité de tous, et à partir de cette cascade bienfaisante ou de cette cataracte charitable, la paix universelle, cette idée que le marché est régulateur des tensions sociales, c’est-à-dire, en termes de l’AO pour en faire apparaître l’absurdité, que l’Avoir, donc le Désir, serait le régulateur des besoins : « Quand tout le monde en aura plein les poches, ce sera le bonheur universel. » Le danger est d’abord bien sûr, comme le souligne SL, que « la croyance en l’autorégulation par le marché amène très logiquement à substituer le marché à toute autre régulation ». Mais surtout, c’était là oublier deux choses dont chacune est suffisante pour condamner cette idéologie : d’une part l’Europe des marchés et de l’immigration massive ne comble pas tout le monde mais ne fait qu’une poignée de nantis pour toujours plus de pauvres ; d’autre part, l’Avoir n’a jamais fait le bonheur puisqu’il ne confère pas l’Être, cette « âme » que dit GO. Non seulement le peuple souffre, et même souvent crève, mais il doit constater, avec l’immigration massive, qu’avec le pain de la bouche, on lui arrache son identité – son Être. C’est là ce que dit Laurent Bouvet (LB) quand il parle d’un double mouvement : « D’une part la stigmatisation de la figure populaire devenue rapidement raciste, xénophobe, sexiste et homophobe ; et d’autre l’exaltation de la différence identitaire culturelle comme d’un bienfait en soi pour les individus comme pour la société. » Christophe Guilly (CG) dit clairement qu’« en adoptant une posture de surplomb vertueux dans leur rapport, conscient ou inconscient, avec les classes populaires, les élites occidentales modernes assurent une suprématie doctrinale qui permet de réduire toute contestation du capitalisme libéral à un comportement xénophobe et réactionnaire ». Or CG ajoute également, et c’est encore d’une autre portée, que la politique d’immigration est désirée et soutenue par le capitalisme libéral et global moderne. DC pour a part affirme que « le “sociétalisme progressiste” – qu’il s’agisse des questions de genre, de l’intersectionnalité oui encore des “races sociales”  – serait un subterfuge du capitalisme pour diffuser l’individualisme nécessaire à son expansion » et, d’accord en cela avec Pier Pasolini Pasolini (PPP) et MC que s’impose le rapprochement entre le fascisme historique et le « néofascisme » que représente le capitalisme. PPP dénonce plus précisément ce « nouveau fascisme qui est celui de la consommation », ajoutant que si « les sociétés répressives avaient besoin de soldats, de saints et d’artistes, la société permissive n’a besoin que de consommateurs. » Slavoj Zizek (SZ) voit l’immigration comme « une nécessité du capitalisme globalisé », et il observe que « le grand capital s’associe fièrement au politiquement correct ». Tel est aujourd’hui le bloc de gauche : idiot utile si ce n’est complice du capitalisme le plus débridé. C’est en quoi il faut parler d’imposture. Denis Collin (DC) estime que « la lutte contre les discriminations serait en réalité une idéologie capitaliste visant à dissimuler le statut social et prolétaire de l’immigré en l’enfermant dans un statut de victime du racisme », ou que « le refus de voir une religion en particulier empiéter sans cesse sur l’espace public, imposer ses règles ségrégationnistes contre toute la décence commune sur laquelle repose la communauté politique est maintenant assimilé à du racisme », et il déplore que « d’éminents membres de la “gauche” apportent leur caution à cette imposture. » MG quant à lui fustige cette « gauche mondaine dont le seul programme serait la défense des revendications minoritaires ou catégorielles » et il ajoute que « la notion de “société multiculturelle” dont se gargarise la gauche mondaine en son insondable bêtise relève de l’imposture démagogique la plus caractérisée. » SZ estime que « la « gauche bien-pensante » sert de caution morale au capitalisme mondial, lequel est composé d’ « hypocrites » défendant « l’ouverture des frontières afin de satisfaire à une sorte d’égocentrisme vertueux » et ainsi « jouent la belle âme qui s’estime supérieure au monde corrompu dont elle participe secrètement » non toutefois sans avoir « besoin de ce monde corrompu en tant qu’unique terrain sur lequel ils peuvent exercer leur supériorité morale. » D’où la tyrannie de ce que Murray voit comme le « camp du bien » et qui, « conscient de sa propre décrépitude, prend alors, dans le champ politique et médiatique, l’allure d’une sorte d’inquisition contre la liberté d’opinion et d’expression », adopte des « postures de redresseurs de torts et de justiciers valorisées socialement, quand il ne s’agit pas simplement de s’adonner à la délation, à la disqualification, au chantage, à la diabolisation et au lynchage médiatique comme judiciaire. »]]></description>
		
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		<title>EFFACEMENT ET DÉPASSEMENT (5)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 14:08:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[DÉPASSEMENT Non pas effacement mais dépassement : qu’est-ce à dire ? Quant au christianisme, cette opération peut se décrire fort simplement dans le cadre de l’AO : il faut en abolir tout le Religieux et en conserver tout le Politique. Le Religieux ? Il faut évidemment se défaire des Injonctions et du Mythisme, en gros de tout ce qui contraignait à obéir et à croire, tout ce qui corsetait aussi bien le corps que l’esprit, tout ce qui censurait le plaisir et la pensée. Mais le Politique chrétien ? Ce qu’en ce domaine l’Occident doit au christianisme pourrait faire l’objet d’une longue étude, fort complexe, mais on peut déjà, en opposition radicale avec la gauche pénitentielle et bien-pensante qui prétend faire payer à chaque Français d’aujourd’hui le colonialisme, c’est-à-dire une gauche qui, avec le cynisme de ses meneurs dissimulé sous les meilleures intentions, ne craint pas la régression anthropologique car la punition collective et la culpabilité qui saute les générations relèvent d’un archaïsme qui se lit en toutes lettres, et à de nombreuses reprises, dans l’Ancien Testament. Or celui-ci a totalement disparu du Nouveau Testament ce texte qui, justement, a fondé le christianisme, c’est-à-dire inauguré le Politique en ce qu’il a aboli le collectif coupable au profit de l’individu responsable, l’individu qui seul s’arrache au rapport Dominant/Dominé ou à la Rivalité universelle pour instaurer avec Autrui le rapport de solidarité. C’est le christianisme qui a en quelque sorte inauguré cet individu solidaire de tout autre – l’individu, seule base ou Horizontale de l’Individu. Il est trop vrai que la Chrétienté a – trop – longtemps maintenu le Système divin sous forme de la papauté et des monarchies de droit divin, c’est-à-dire retenu le peuple chrétien dans le Religieux, mais c’est du christianisme seul que pouvait sortir l’individu solidaire capable de fonder la République, dont celle de l’An I ne donne qu’une idée fort grossière et que celles qui se sont succédé depuis lors sur le sol de France n’approchent que fort imparfaitement ; il est trop vrai par ailleurs que le capitalisme a pris le relais du Religieux divin avec le Religieux mondain en remplaçant simplement, au sommet du Système, le Père par l’Avoir, le Fils par Mammon, et le Saint-Esprit par le sacro-saint pognon. Ces réalités à la fois historiques et sociologiques sont regrettables autant qu’indiscutables, et c’est justement pourquoi il faut prendre garde que la nouveauté révolutionnaire chrétienne sur le plan anthropologique – l’individu – se révèle aujourd’hui menacée de mort. Le christianisme avait vocation, dans son principe, à remplacer le Religieux par le Politique, ou le Système divin par la République. Mais il se trouve que ce principe politique de l’individu se trouve dévoyé dans le pire du Religieux sous forme de cet individualisme forcené prôné par la gauche, à savoir le remplacement du Système divin (« Dieu ») non par la République (« Nous ») mais par le Système individuel (« Moi, moi, moi ! »), Système moderne qui épouse parfaitement le capitalisme, chaque « moi » étant un consommateur aussi fervent qu’insatiable. Par ailleurs, pour réussir le dépassement, il peut suffire de considérer notre devise républicaine : « Liberté, égalité, fraternité ». Il apparaît que, dans ce triptyque, si la liberté n’est certainement pas le fort non du christianisme mais de la religion chrétienne, et qu’il a même fallu la conquérir contre l’Église, il n’en va pas de même pour les deux autres notions. Il se trouve qu’en la matière, parmi les trois monothéismes, le christianisme est à la fois unique et exemplaire. En effet, la religion du Christ a dicté non seulement à l’Europe mais au monde le principe le plus politique et le plus universel qui soit, celui qui procède en droite ligne de la promotion de l’individu : l’égalité. L’égalité, rien de moins ! Celle-ci, dans le texte initial de la République française, est presque immédiatement connectée à la dignité. Le christianisme a prêché l’égalité absolue de tous les enfants de Dieu : on peut effacer Dieu, en lui substituant la Loi, et garder l’égalité de tous, égalité absolue de tous les individus, c’est-à-dire égalité des sexes, des races et des conditions, égalité homme-femme, égalité aveugle aux couleurs de peau et aux ethnies – bref, égalité des Dominants et des Dominés donc abolition du Système au profit de la République. Bien sûr que le christianisme ou plutôt l’Église a été bien loin de respecter toujours elle-même cette égalité, s’étant faite trop souvent caution du Pouvoir des mâles et des puissants : c’est justement ce que le christianisme conservait de religieux, et qu’il faut à coup sûr abolir. Mais quant à l’égalité, il suffit, pour mesurer l’ampleur de l’apport, de comparer ce qu’ont prêché les deux autres monothéismes : le judaïsme, avec le Mythe du « Peuple élu », s’il a promu l’égalité entre eux de tous les juifs, n’a pas laissé de disqualifier tout le reste de l’humanité, procédant à ce qu’il est permis d’appeler une élimination ontologique puisqu’un peuple une fois élu, tous les autres se trouvaient de facto rejetés, effacés au regard de Dieu donc bannis hors de l’Être. Quant à l’Islam, plus rien n’est à dire sans doute sur le statut d’infériorité qu’il impose à la femme, c’est-à-dire à la moitié de l’humanité, mais il devrait appeler encore force commentaires sur l’Injonction signifiée à tout bon musulman de soumettre les non-musulmans à Allah et d’exterminer tous les mécréants – convertir ou décimer, élimination non plus ontologique mais bien réellement physique cette fois. En face du judaïsme qui se désire unique au-dessus du monde – religion de la Distance – et l’Islam qui ne désire que régner sur la planète – religion du Même – le christianisme seul promeut toutes les Différences – religion de l’Autre, cessant par là même d’une religion pour devenir une politique. Il faut ajouter que cette égalité implique forcément la fraternité : comment voir là rien qu’il faille résilier ? Si l’égalité et la fraternité sont des traditions chrétiennes, faut-il vraiment les effacer sous prétexte que toute tradition est réactionnaire ? Est-ce que cet effacement serait formidablement progressiste ? Est-ce que ce serait un progrès que d’adhérer à une gauche wokiste, islamo-complaisante et (pseudo) féministe qui, en infraction avec l’article 1er de la]]></description>
		
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		<title>GAUCHE ET EXTRÊME-GAUCHE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joël Bienfait]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Aug 2025 16:30:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[croyance]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-gauche]]></category>
		<category><![CDATA[fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[gauche]]></category>
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					<description><![CDATA[GAUCHE ET EXTRÊME-GAUCHE Sans doute y aurait-il beaucoup à dire sur la différence entre « droite » et « extrême-droite » mais il est possible que la tâche soit plus conséquente encore pour déterminer ce qui sépare « gauche » et « extrême-gauche ». Pourtant, dans le cadre de l’AO, il paraît assez facile de cerner quelques points précis sur lesquels se joue se joue cette différence. L’AO, puisque voyant la source de tout le mal dans le Désir, ne peut que récuser le Pouvoir au profit de l’Autorité. En effet, le Pouvoir est l’objet du Désir d’un seul, Désir que celui-ci impose à la communauté sous forme d’Injonctions arbitraires édictées dans son propre et unique intérêt : c’est le Système. En revanche, l’Autorité relève d’une Ascèse invalidant le Désir au profit des besoins vitaux à la satisfaction desquels doit œuvrer la volonté générale qui s’impose à la communauté sous forme de lois rationnelles édictées par cette communauté dans le seul souci de l’intérêt commun : c’est la République. Le Système met aux prises un/des Dominant(s) et des Dominés ; la République fait collaborer des citoyens – Dominants et Dominés étant des Comparses dans la Rivalité, les citoyens quant à eux étant tous des Individus partenaires dans l’œuvre commune. Dans le Système ne prévaut que la guerre générée par le conflit des Désirs pour les mêmes objets aliénants, Avoir, Pouvoir et gloire ; dans la République ne prévaut que la concorde impliquée par les Volontés individuelles d’adhérer au contrat social conçu pour subvenir aux besoins universels de sécurité et de liberté. Ce qui revient à dire également que l’AO, contre le Pouvoir au profit de l’Autorité, invalide le Religieux au profit du Politique. En effet, le Désir ne trouve jamais de meilleure expression que dans la formule à la fois obsessionnelle et lapidaire du Comparse : « Moi ! Moi ! Moi ! » Autrement dit, les trois objets du Désir étant visés : « C’est moi et uniquement moi qui dois être le plus riche, le plus fort et le plus beau ! » autrement dit qui doit siéger au sommet du Système dans l’opulence, l’omnipotence et la magnificence. C’est ainsi pour le Comparse faire de soi-même une idole et bientôt un dieu, idole qu’il faut adorer et dieu qu’il faut révérer, l’adoration étant justifiée par l’idéologie (« Je suis le meilleur, je suis le mieux né, etc. ») et la révérence par le Mythe (« Je suis le lieutenant de Dieu sur terre, j’ai reçu mission de Dieu, etc. » – idéologie et Mythe requérant bien sûr un « croire ». C’est ainsi que l’AO conçoit le Religieux et qu’elle l’oppose au Politique qui tient au contraire tout entier à un savoir, celui du Désir et de ses dangers mortels en même temps que conscience de l’engagement responsable que chacun doit contracter envers lui-même et Autrui pour nourrir ce « Nous » en quoi se ramasse ce bien commun qu’est la souveraineté du peuple. L’AO ne peut que dénoncer l’individualisme inhérent au Désir qui s’impose comme une Transcendance fausse (Moi = Dieu) pour promouvoir la Volonté individuelle dans le concours de toutes les autres qui seul peut édifier la Transcendance vraie (« Nous = l’Homme). Dès lors, même en ne perdant pas de vue que la République reste à ce jour irréalisée alors que le Système n’est depuis toujours que trop réel, il est facile de saisir la ligne de démarcation et même d’opposition entre gauche et extrême gauche. Alors que la gauche ne peut travailler, dans la paix, qu’à une Autorité qu’élabore, entretient et enrichit chaque Volonté particulière, l’extrême-gauche ne cesse jamais d’attiser une guerre pour faire valoir le Désir insatiable et intolérant de chacun. Alors que la gauche ne peut que tendre vers la souveraineté du peuple, l’extrême-gauche s’acharne à imposer la tyrannie de l’individu et des minorités. Alors que la gauche trouve son instrument premier dans la Justice et dans le droit sous la forme des lois, l’extrême-gauche ne s’emploie qu’à faire du Désir de chacun un droit et de ce droit une Injonction devant quoi tout le monde doit plier. La gauche est la loi, l’extrême-gauche est le dogme. Si la gauche n’est que respect, l’extrême-gauche n’est qu’arrogance. Quand la gauche n’œuvre qu’à valoriser les Différences, l’extrême-gauche n’a de cesse de faire de chacune d’elles une Distance. Autant la gauche est souple et accueillante à l’Autre, autant l’extrême-gauche est raide et crispée sur son Même. Quand la gauche n’a que des alliés, l’extrême-gauche n’a que des ennemis. La gauche plaide et délibère ; l’extrême-gauche feule et vocifère. La gauche entretient la liberté d’expression, l’extrême-gauche pratique le délit d’opinion ; la gauche réunit, l’extrême-gauche discrimine ; la gauche aime la République, l’extrême-gauche excite ceux qui la détestent ; la gauche se veut réformatrice, l’extrême-gauche se croit révolutionnaire ; la gauche est revendicatrice, l’extrême-gauche est insurrectionnelle. Inutile d’insister sur tout ce qui apparente l’extrême-gauche à l’extrême-droite puisqu’il n’est plus à démontrer que les extrêmes se rejoignent – en fait elles ne peuvent que s’abîmer ensemble dans le gouffre infernal du Désir. C’est également sur ce point que peut se repérer et se comprendre ce qui creuse le fossé entre gauche et extrême-gauche plus encore qu’entre droite et extrême-droite. La raison de cette asymétrie a de grandes chances de résider dans le fait que, le magistère moral de la gauche aidant ou imposant voire terrorisant – le cordon sanitaire – l’identité de l’extrême-gauche est en quelque sorte et ne peut être que négative : elle est avant tout sinon même exclusivement anti-fasciste, et elle l’est jusqu’à la fureur voire jusqu’au fanatisme. C’est au point peut-être que si l’extrême-droite n’existait pas, l’extrême-gauche devrait l’inventer pour exister elle-même. C’est cette invention qui se réalise justement sous la forme de la dénonciation forcenée du fascisme et de tous les « fachos ». Si on en revient à la définition du fascisme, c’est-à-dire l’abolition de la souveraineté populaire au profit d’un régime dictatorial, avec, en plus d’un chef tout puissant et charismatique, un parti unique, un état policier, la police de la pensée et des mœurs, l’opposition muselée et criminalisée, les dissidents arrêtés, psychiatrisés voire éliminés, etc. ; si on s’en tient à cette définition donc et qu’on examine à]]></description>
		
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